DÉMARCHE DE MENDOZA AUPRÈS DE CAMPEGGIO
« but de résoudre définitivement et sans appel la ques- « tion pendante entre lareine et son mari... Le pro- « ces de la reine touche de trop près Sa Majesté, ainsi (( que les rois de Hongrie et de Portugal, pour que « l'empereur ne se soit pas inquiété des mauvais et (( injustes traitements que cette princesse a subis. — « J'ai bien remarqué, reprit le cardinal, d'après la ré- (( ponse que l'empereur avait faite au héraut d'armes « du roi d'Angleterre, combien il a pris à cœur cette (( affaire du divorce. Mais, si la reine persiste dans « son refus d'entrer en religion, si elle ne veut pas « prendre et suivre sur ce point l'avis de Sa Sainteté, (( je n'aurai rien de mieux à faire que de me conformer « aux termes de ma commission, de juger en conscience « et de n'avoir de faveur pour aucun parti. — La reine « ne demande pas autre chose, dit Mendoza, elle ne « réclame que son droit; seulement le cas qui se préce sente est d'une telle importance, la question qui « s'élève est si ardue qu'elle doit désirer naturellement (( que la sentence définitive soit réservée à Rome. — (^ Croyez-le bien, reprit alors assez vivement le légat, (( le royaume (l'Angleterre tout entier ne saurait m'em- « pécher de faire mon devoir. Je suis trop avancé en u âge pour ne pas travailler à paraître devant Dieu (( avec une conscience pure, plutôt que de capter les « bonnes grâces de quelque prince que ce soit sur la « terre. Du reste, ajouta-t-il, j'ai envoyé un messager « au pape pour l'informer où en était l'affaire et pour « lui demander de me faire connaître sa volonté in- (( time. Je me garderai bien de faire un pas de plus u sans avoir reçu sa réponse et ses nouvelles instruc- « tions; » puis il demanda à Mendoza le plus grand se-