‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 218 sur 400 · CRAINTES DE MENDOZA POUR LA REINE · texte numérisé non relu

CRAINTES DE MENDOZA POUR LA REINE

(( pareille accusation me vînt du roi, mon seigneur; « il doit bien savoir que j'estime sa vie beaucoup plus « que la mienne. Je n'ai pas à ce sujet d'autre réponse (( à faire. Quant à la seconde question, je dois dire que <( si je n'ai pas exhibé plus tôt la copie du bref ponti- « fical, c'est parce que, l'enquête n'étant pas commencée, « je ne croyais pas qu'on pût encore en avoir besoin. « C'est l'ambassadeur d'Espagne qui m'en a donné com- « munication il y a environ six mois. »

Les prélats s'étant retirés, la reine envoya sur-lechamp un message à Mendoza pour l'avertir de ce qui s'était passé, et, comme elle n'était pas sûre de la date précise de la remise du bref, elle lui communiqua les termes de sa réponse, pour que, s'il était interrogé, la sienne fût mise en parfaite harmonie avec celle qu'elle avait faite.

Gela prouve combien Catherine était prudente, avisée et attentive aux moindres circonstances ; elle ne voulait prêter le flanc, sur aucun point, à ses accusateurs.

« Si on a imaginé, dit Mendoza dans la suite de sa « correspondance, que la reine avait pu conspirer con- (( tre la vie de son mari, ce n'est pas que l'on ait pris « au sérieux une telle accusation ; mais on voulait trou- « ver quelque moyen d'enlever brusquement la sen- « tence du divorce, ou tout au moins de rendre la sé- « paration nécessaire ; car, si on avait pu établir que les « jours du roi étaient en danger par suite de sa cohabi- « tation avec la reine, on n'aurait pas pu exiger qu'il « continuât de vivre avec elle d'une vie commune. Du « reste, je suis très effrayé de tout ce qui se passe : « la violence de la passion du roi est telle, et il y a des (( gens si cupides dans le peuple anglais, que l'on pour-

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