‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 219 sur 400 · SINCÉRITÉ DU BREF SUSPECTÉE · texte numérisé non relu

SINCÉRITÉ DU BREF SUSPECTÉE

(( rait bien suborner des témoins pour prouver la pré- « tendue réalité de quelque machination criminelle de « la part de la reine. Combien donc est pénible la « situation de cette princesse quand elle se voit impu- (( ter un crime qui a peut-être été tenté contre elle- « môme! Tout cela au nom du roi, qui, au fond, ne « doute pas de l'innocence de celle qu'il accuse ! »

« La reine demande que l'on ne fasse pas connaître dans le public que Sa Majesté veut bien la soutenir dans ses cruelles épreuves, et insiste pour que l'empereur n'ait pas l'air de menacer Henri VIII, car s'il y avait quelque chance de voir ce prince abandonner l'idée du divorce, il faudrait qu'il le fît de son plein gré, par suite de ses convictions personnelles ; en employant l'intimidation, on ne ferait qu'irriter sa fierté et le rendre plus intraitable. »

Dans cette même lettre, d'après des rumeurs publiques très peu fondées, Mendoza exprime la crainte que Campeggio soit accessible à la corruption. On accusait ce cardinal d'avoir reçu vingt mille écus, soit en cadeaux^ soit en or. « Henri VIII n'épargnerait pas l'argent, dit Mendoza; pour faire prononcer le divorce, il mettrait bien toute sa fortune dans cet enjeu. » Gela était vrai ; il est certain également qu'on avait proposé à Campeggio de l'argent et des cadeaux précieux : mais il avait renvoyé l'argent et refusé les cadeaux. Henri VIII lui avait même offert le riche évêché de Durham ^ ;

1. Lingard, traduct., tom. VI, p. 211. Il paraît que, l'évôché de Durham ayant été refusé par Campeggio, les revenus de ce bénéfice, montant à 20,000 livres, furent abandonnés à lady Anne pendant toute une année. Howard, Wolsey the cardinal and his limes; London, 1824, i. c, p. 437. Durret ose dire que Campeggio avait

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