EXHIBITION DU BREF DE DISPENSE
Dans cette séance solennelle, Nicolas Perrenot, sieur de Granvelle et chancelier de l'empire, expliqua comment l'empereur avait fait tout ce qu'il avait pu pour maintenir de bonnes relations avec son allié, le roi d'Angleterre, mais que ce prince avait révoqué en doute l'authenticité de la copie du bref de dispense, dont la reine Catherine avait fait usage et dont son neveu Charles-Quint possédait l'original. Puis le sieur de Granvelle prit cette pièce entre ses mains, la décacheta, l'ouvrit et la donna aux ambassadeurs anglais pour la lire et même pour la transcrire, si cela leur plaisait.
Les ambassadeurs, visiblement embarrassés, se refusèrent à en prendre connaissance, sous le prétexte que, la question de faux ayant été déférée au pape, ils ne se croyaient pas autorisés à intervenir dans ces débats. Sur l'invitation de Tévêque d'Osma et de l'évêque d'Elna, Nicolas Perrenot lut publiquement le précieux document, en présence desdits deux évêques, de Henri, comte de Nassau, du lord chambellan de l'empereur, du comte de Pont-de-Vaux, grand-maître de la maison du roi, du sieur de La Chaux, préfet du palais, et de Louis de Flandre, sieur de Praël.
Un procès-verbal fut dressé de cette séance, en latin, par les notaires, dans lequel figurait la copie du bref, et ce procès-verbal fut signé par tous les témoins présents, excepté par les ambassadeurs anglais.
Cela devait mettre fin aux misérables arguties par lesquelles on avait attaqué la sincérité et la fidélité de la copie présentée aux légats par la reine Catherine.
Charles-Quint lui-même, au surplus, écrit à Mendoza que les ambassadeurs anglais, après la séance, lui ayant demandé d'avoir une communication officieuse du bref,