‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 247 sur 400 · UNE COPIE AUTHENTIQUE DU BREF EST DÉLIVRÉE · texte numérisé non relu

UNE COPIE AUTHENTIQUE DU BREF EST DÉLIVRÉE

il y consentit sur-le-champ : « Je leur en fis faire, dit-il, « une copie authentique, soigneusement révisée et col- « lationnée avec l'original, en les priant d'observer que « je ne négligeais rien pour conserver l'amitié du roi « leur maître et que, s'il tenait à bien connaître le texte « littéral du bref, il pourrait se satisfaire et trouver à se « guérir de ses doutes et de ses scrupules. »

Croirait-on que dans leur correspondance diplomatique les deux ambassadeurs trouvèrent encore des raisons pour suspecter la validité de la pièce originale ^ ?

Dans ces mêmes mois d'avril ou de mai, où nous avons vu en Espagne, et surtout à Rome, TafTaire du divorce prendre des faces diverses, le roi et Wolsey se confirmaient dans leurs illusions. La lenteur des communications ne permettait pas alors que l'Europe entière vécût d'une vie en quelque sorte simultanée, comme cela arrive en nos temps de chemins de fer et de télégraphie électrique.

Cependant Wolsey résolut de pousser vigoureusement le procès du divorce. Il pensait que, de concert avec Campeggio, il pourrait arriver à une conclusion satisfaisante, avant que le pape ne trouvât une occasion opportune pour intervenir. Il modifia son plan de conduite politique auprès de la cour de Rome ; des instructions nouvelles furent envoyées aux ambassadeurs pour que l'on ne parlât plus au pape de la fausseté du bref et que l'on n'insistât plus sur la convenance de l'envoi d'un agent pontifical en Espagne pour examiner la pièce originale. Il ne s'agissait plus de stimuler la cour de Rome, mais de l'endormir en quelque sorte pendant que l'on

Page 1