‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 286 sur 400 · HENRI PERD EN LUI UN GRAND MINISTRE · texte numérisé non relu

HENRI PERD EN LUI UN GRAND MINISTRE

dans le sépulcre par une de ces brumeuses et glaciales matinées de décembre, où le jour même semble se voiler de deuil et où la nature ressent les premiers frissons de l'hiver ^

Cependant Wolsey avait excité des haines telles qu'elles trouvaient les expressions les plus sanglantes pour se faire jour. Suivant un pamphlet de cette époque, il avait accumulé les richesses et les dignités dans la vue de se frayer un chemin jusqu'au trône pontifical et ce tas de grandeurs n'avait fait de ce cardinal qu'une Eminence de boue!

Gomme ses ennemis, même après sa mort, cherchaient encore à flétrir sa mémoire , on fit courir le bruit que Henri perdait en lui un grand ministre et un utile modérateur de ses passions.

Lorsque Henri VHI eut perdu Wolsey, il lui manqua le frein modérateur, qui avait toujours contenu ses passions dans de certaines limites. Aussi il ne fut plus le même après la disgrâce et la mort de cet éminent homme d'Etat. La seconde partie de son règne ne res-

1. Le roi lui fit plus tard élever un beau mausolée dans la chapelle de Saint-Georges, à Windsor.

Le bruit se répandit que le cardinal avait pris du poison pour éviter de périr sur l'échafaud; par un singulier raffinement, on voulut faire produire cette calomnie par son fidèle serviteur et secrétaire, Cavendisli ; dans les premières éditions imprimées qui parurent de la vie de Wolsey, on voit qu'il impute à son maître de s'être empoisonné. Or ce passage ne se trouve pas dans le manuscrit original. Wordsworth a établi d'une manière irréfragable que c'était une inlercalation. Aux preuves matérielles qu'il en a données viennent s'ajouter les preuves morales. L'idée du suicide n'a pas pu se présenter à un prélat qui a donné, à ses derniers moments, tant de marques de piété et de résignation. (Voir la note de Lingard, tome VI de la traduction française, page 240.)

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