MODESTES FUNÉRAILLES DE WOLSEY
(1 dre la moitié de son royaume : je vous en donne las- « surance, je me suis mis plusieurs fois à genoux devant CI lui, pendant une heure et même deux heures, pour le a détourner de l'objet de sa convoitise, mais je n'ai pas « pu y parvenir. Et si, Maître Kingston, j'avais servi (( Dieu avec le même zèle que j'ai servi le roi, il « aurait eu pitié de mes cheveux blancs! Voilà, au « contraire, comment je suis récompensé du dévoue- « ment que j'ai montré à mon prince et de toutes les c( peines que je me suis données pour son service. » 11 voulut prier encore Kingston de mettre le roi en garde contre les accroissements effrayants du luthéranisme, secte destructive de l'autorité des souverains temporels, autant que de celle de l'Eglise. Mais la voix lui manqua : ses yeux devinrent fixes et prirent une teinte vitreuse. A ce moment, l'horloge du couvent sonna huit heures : il rendit le dernier soupir. C'était le 30 novembre, jour de la fête de saint André.
Kingston prit sur lui de permettre que l'on rendît au cardinal sans aucune pompe, mais d'une manière convenable, les honneurs funèbres. Au milieu de l'abandon général où avait été laissé ce grand ministre après sa dernière disgrâce, on remarqua quelques rares amis et serviteurs qui lui furent fidèles jusqu^au bout. Quand on le déshabilla pour fensevelir, on lui trouva un cilice sur la chair. Son corps resta exposé, depuis onze heures du soir jusqu'à quatre heures du matin, dans une chapelle de la grande église de l'abbaye. Quatre personnes seulement veillèrent autour de son modeste catafalque, éclairé par quelques cierges. Avant le point du jour, les moines chantèrent une messe pour le repos de son âme, puis on le transporta au cimetière et