‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 30 sur 400 · XLIV INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION HISTORIQUE

de ce siècle que la fourberie dans les négociations diplomatiques, accompagnée des prétentions les plus hautaines à l'honneuret à la loyauté chevaleresque.

Ce qui caractérise l'esprit public et les préjugés des Espagnols de cette époque, c'est que, très indulgents pour ces écarts de conduite, ils furent bien autrement scandalisés du mariage que Ferdinand contracta, très peu de temps après la mort d'Isabelle, avec Germaine de Foix, nièce de Louis XII, jeune princesse dont il aurait pu être le père. Il est vrai que cette union fut, de sa part, un acte politique et qu'elle lui valut l'abandon des droits de la dynastie française à la couronne de Naples. Mais, pour bien établir, en fait, des droits si authentiquement reconnus, il fallut encore pourtant que Ferdinand et ses successeurs les fissent valoir plus d'une fois, l'épée à la main.

Il nous resterait à présenter ici le portrait physique de ce prince : les peintres qui l'ont tracé nous ont laissé des types qui ne se ressemblent pas entre eux. Néanmoins on s'accorde à dire qu'il avait une figure noble et une certaine froideur continuellement souriante sous laquelle il savait cacher ses plus vives impressions. Car « ni la colère, ni la joie, ni aucune des émotions « les plus passionnées de l'âme ne causaient, dit Pulgar, « la moindre altération sur son visage ». John Still, qui était ambassadeur du roi d'Angleterre en 1509, écrit que ce prince louchait un peu de l'œil gauche et qu'il avait un certain défaut de prononciation provenant de

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