INTRODUCTION HISTORIQUE XLIII
« vous-même, comme le fait son père, qui vous baise « les mains m.
(L Le Roi. d
Cette lettre prouve que, si les deux époux s'étaient aimés passionnément dans les premières années de leur mariage et avant leur avènement au trône, il en restait bien quelque chose encore dans la maturité et môme dans le déclin de l'âge.
La fermeté avec laquelle Isabelle avait soutenu ses droits personnels de reine de Castille et qui avait dû faire plier le fier et hautain Ferdinand, avait bien pu amener entre eux quelques nuages. Mais, une fois qu'il eût été bien reconnu au droit que la grande couronne, coroîia, appartenait en propre à la reine et que la petite couronne seulement, coronilla^ était le lot du roi d'Aragon, Isabelle, comme on le voit par un passage de la lettre que nous venons de citer, ne cessa pas de conférer avec son mari de toutes les affaires un peu importantes. Ainsi, après avoir bien constaté son autorité, elle faisait d'adroites concessions à Ferdinand et parvenait à se faire aimer autant que respecter.
Cependant, malgré la sincérité et môme la constance de l'affection que témoignait le roi catholique à la reine Isabelle, ce prince eut quatre enfiints naturels do trois mères différentes. Et il joignit à ces désordres de mœurs une certaine dévotion pratique, scandaleux et inexcusable mélange qui était aussi commun chez les princes