‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 302 sur 400 · COLÈRE DE HENRI VIII CONTRE POLUS · texte numérisé non relu

COLÈRE DE HENRI VIII CONTRE POLUS

(( furent la surprise et l'émotion du roi quand il m'en- (( tendit tenir un tel langage, il porta la main à son (c poignard, m'interrompit vivement et je me retirai a tout en larmes. »

Quand Polus revint dans sa famille, lord Montagne et ses frères, saisis d'un grand effroi, lui dirent que son obstination les conduirait à la ruine et peut-être au supplice. Polus, attribuant à une intervention surnaturelle ce qui s'était passé dans sa conversation avec le roi, n'eut garde de démentir un langage qui lui paraissait avoir été une inspiration directe de l'Esprit-Saint. Il reconnaissait qu'une sorte de miracle l'avait arrêté sur le chemin de l'apostasie. Aussi il consentit, à écrire au roi une lettre modeste et touchante, où il maintenait avec fermeté son opinion personnelle sur le divorce, en déplorant son malheur de ne pouvoir partager celle de son auguste bienfaiteur et parent. Montagne se rendit auprès de Henri pour excuser son frère. « Milord, lui dit le roi, je ne saurais m'offenser d'une lettre si sage et si

dans la partie de sa narration qui ne s'accorde pas avec le récit de l'historien anglais :

«Ad regem, « Ut veni valde expectatus, quemadmodem initie sermonis ipse teste tatus est, quum, ut ejus satisfactioni satisfacerem ingressum in cau- « sam qusererem, hic non dicam haesitasse me, non satis quse dicere « volui, explicasse ; sed, o bonitatem divinam ! Ita mihi et lingua « plane impedita et os obstructum, ut ne verbum quidem effari « potuerim de iis quse mecum eram meditatus. Cum autem loqui « tandem cœpissem minima de rerum, quae eam sententiam oppugna- « rent, cujus defensor expectatus veneram hic, quam graviter percul- «. sus fuerit et attonitus, nihil attinet dicere, etc. » De Ecclesisd unitatis defensione. Lib. ]1I, cap. m, fol. lxxvi. Dans son apologie adressée au parlement, Polus se sert à peu près des mêmes termes pour raconter ce fait,

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