COURONNEMENT DE CHARLES-QUINT
Bologne, lui baisa les pieds devant tout le peuple, puis la main et l'anneau, et Sa Sainteté, l'ayant relevé, lui présenta la joue et l'embrassa : c'était l'amnistie donnée au sac de Rome ^
Le couronnement eut lieu ensuite avec une grande pompe dans l'église de Sainte-Pétronille. Le pape mit la couronne de fer de Gharlemagne sur le front du nouvel empereur, et Charles prêta serment de défendre le pape et l'Eglise romaine, le patrimoine, les privilèges et les droits du Saint-Siège.
Gomme Charles devait passer plusieurs mois à Rome avec le pape, Henri VIII eut la singulière idée de leur envoyer une ambassade extraordinaire à l'un et à l'autre pour tâcher d'arracher leur assentiment à ses projets de divorce. Il pensait que le duc d'Albanie, son ambassadeur actuel, n'avait pas su s'y prendre comme il l'aurait fallu, et que ses maladresses pourraient être réparées par des agents plus habiles.
Henri ne craignit pas de mettre à la tête de l'ambassade le comte de Wiltshire, le père même d'Anne de Boleyn, sous prétexte que personne ne devait être plus intéressé que lui au succès de sa mission. Il lui adjoignit trois collègues : Stokesley, évêque élu de Londres, le docteur RowlandrLee, chapelain royal, et Benett, jurisconsulte. Enfin il nomma théologien de l'ambassade Thomas Granmer, prêtre attaché à la famille de Boleyn
1. Les ambassadeurs français prétendirent que Clément fit cette cé^ rémonie à contre-cœur. Le cardinal de Grammont s'exprime ainsi en parlant de ce pape : « Aucunes fois qu'il pensoit qu'on ne le re- « gardast, il faisoit de si grands soupirs, que pour pesante que fût sa « chape , il la faisoit branler à bon escient. » — Lettre du 25 février 1530, pièces justificatives, tome in, p. 386.