MAUVAIS ACCUEIL FAIT AU COMTE DE WILTSHIRE
l'un dans Tordre spirituel, l'autre dans l'ordre temporel ^
Suivant Joachim de Vaux , les ambassadeurs devaient avoir un grand luxe et déployer beaucoup de magnificence, « comme pour faire comprendre à Sa « Sainteté que si elle avait des besoins d'argent, le roi « d'Angleterre en aurait à son service. »
Clément VII ne comprit pas ou ne voulut pas comprendre le sens de ce langage muet : cependant il reçut le comte de Wiltshire et ses collègues avec bienveillance en disant qu'il ferait pour Henri VIII tout ce qu'il pourrait ^.
Les ambassadeurs anglais ne furent pas aussi bien accueillis par Charles-Quint; quand ce prince aperçut le comte de Wiltshire, père de lady Anne, lequel se disposait à prendre la parole, il ne put retenir un mouvement d'indignation.
(( Vous êtes partie intéressée dans la cause, monsieur, « lui dit-il, laissez parler vos collègues. » Le comte devait avoir fait provision de beaucoup d'audace pour braver les difficultés de la mission, poste qu'il n'avait pas craint d'accepter et peut-être même de briguer; aussi répondit-il sans se déconcerter un seul moment :
(( Je ne suis pas ici un père venant défendre les in-
1. Il paraît qu'il s'était décidé, peu de jours auparavant, à signer un bref pour défendre à Henri VIII de contracter un second mariage e^ pour lui enjoindre de traiter Catherine comme sa femme légitime et qu'après son entrevue avec les ambassadeurs il consentit à suspendre l'expédition de ce bref.
2. « El comte aveva commission di fare una grossa spesa, come sarebbe sovenir, à SS. in questi suoi bisogni d'una buona somma di denari,»p. 409. Lettre de Joachim de Vaux à François adressée à Londres au mois de mars 1530. Ce diplomate écrivait toujours en .italien.