LE PAPE DEMANDE UN PROCUREUR FONDÉ
scandalisés de la tenue peu respectueuse et peu convenable des deux parties. Le 28 février suivant, il y eut encore consistoire pour la môme affaire. Dandolo, Michel de Gonradis et Providelli plaidèrent pour le roi d'Angleterre, et D. Pedro d'Aragon pour la reine Catherine. L'auditoire était beaucoup plus nombreux : mais les avocats ne se possédèrent pas mieux que la première fois. Les plaidoiries furent très violentes et les débats fort orageux : « Pendant cinq mois que cette (( affaire dura, dit un contemporain, les Romains allèc( rent au consistoire comme au spectacle ^. » Les cardinaux auraient voulu que l'on condamnât sur-le-champ le roi d'Angleterre. Mais Clément VII, qui espérait obtenir de ce prince quelques concessions, fit renvoyer l'affaire au mois de novembre après les vacances. Dans l'intervalle, il fît dire à Henri VIII de vouloir bien envoyer une procuration à son excusateur, et que, s'il y consentait, le pape ne s'opposerait pas à ce que de nouvelles enquêtes fussent faites en Angleterre. De leur côté, les ambassadeurs anglais ne cachèrent pas à leur maître que le sentiment populaire lui était opposé, que tous les Romains demandaient à grands cris sa condamnation, et qu'elle aurait été prononcée certainement si l'on avait rendu le jugement définitif.
Pendant ce temps. Clément VII, qui reculait toujours devant cette inexorable sentence, eut l'idée de réclamer l'intervention de François P"" et de le prier de faire tous ses efforts pour amener Henri VIII à un accommodement qui pût sauver la situation.
1. Lettres de Mgf d'Auxerre et autres p. 176 et suiv. des Mélangea de Camusat.