DISPUTE TRÈS VIVE ENTRE AMBASSADEURS
A peine furent-ils sortis qu'il reçut à leur tour en audience particulière Gregorio Gasali et Ghinucci, évoque de Worcester : tous les deux soutinrent que, le roi d'Angleterre n'étant obligé de comparaître ni en personne ni par procureur, on devait se contenter de Vexcusateur qu'il avait envoyé et entendre ses avocats. Le pape ne goûta pas non plus ces raisonnements et ces subtiles réserves de Henri VIII. Alors il quitta l'antichambre, prit une étole et entra dans le consistoire, après en avoir fait sortir le public. Là il s'entretint quelque temps avec plusieurs cardinaux, le maître des cérémonies, la dataire et quelques prélats. Puis il fît introduire les avocats et leur donna la parole. Sigismond Dandolo parla le premier pour le roi d'Angleterre et prétendit que ce prince n'était obligé de comparaître à Rome ni en personne ni par procureur, et ajouta qu'il y avait là un excusatcur qui demandait à être entendu seulement comme un Anglais qui voulait défendre les intérêts et l'indépendance de son pays. D. Pedro d'Aragon, qui parlait pour la reine, prit la parole après Dandolo, lui reprocha de ne faire que battre la campagne et d'éluder la véritable question du procès. Puis les ambassadeurs de Charles-Quint, intervenant eux-mêmes dans le débat, demandèrent que les Anglais voulussent bien exhiber leurs pouvoirs et déclarer au nom de qui ils agissaient, et qu'autrement il n'y aurait pas lieu de continuer le débat. On s'échauffa tellement que le pape et les cardinaux levèrent la séance, fort
Manusc. Saint-Germain-des-Prés. — Hist. du div., de J. Legrand, p. 227, tome V'^. — L'imprimatur avait été accordé à Rome aux Mémoires de Henri VIII.