‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 345 sur 400 · LANGEY PRIE HENRI DE VENIR A MARSEILLE · texte numérisé non relu

LANGEY PRIE HENRI DE VENIR A MARSEILLE

épousé la marquise de Boleyn devant trois ou quatre témoins seulement, et qu'il tiendrait ce mariage secret pour quelque temps, espérant que François P' pourrait amener Clément VII, dans l'entrevue projetée en Provence, à confirmer la sentence de divorce prononcée par Granmer; dans le cas contraire, il publierait son mariage et prendrait le parti de se soustraire entièrement au joug et à la servitude de l'Eglise de Rome.

L'empereur, suivant Henri VIII, avait fait à VEvesque de Rome un discours plein de passion y au sujet de la cruelle gueiTe qui serait faite au roi d'Angleterre, s'il ne reprenait pas pour femme Catherine d'Aragon et ne lui restituait pas ses honneurs et ses dignités; Charles- Quint devait compter, pour le seconder, sur une diversion du roi d'Ecosse, avec qui il aurait contracté une ligue offensive et défensive.

Guillaume de Langey parut entrer dans les idées de Henri relativement aux mauvais procédés de l'empereur Charles-Quint, mais il tâcha de l'apaiser à l'égard du pape, et lui fit espérer que François P% qui flattait la vanité des Médicis en leur offrant une alliance royale avec l'une des plus vieilles dynasties de l'Europe, obtiendrait tout ce qu'il voudrait du souverain pontife, dans le moment où ce mariage allait se conclure ; seulement il ajouta que le succès serait bien plus assuré si le roi d'Angleterre lui-même assistait à cette entrevue.

Henri ne voulut pas s'exposer à ce qu'on lui demandât sur sa conduite des explications qui seraient devenues bien difficiles : car comment aurait-il pu s'excuser d'avoir continué de désobéir au pape, après sa promesse de ne pas aggraver la situation, et non-seulement

LE PAPE SE PLAINT DES MAUVAIS PROCÉDÉS DE HENRI. i-o9

de s'être marié avec Anne de Boleyn, mais encore d'en avoir fait une reine d'Angleterre en lui accordant les honneurs d'un couronnement solennel?

C'est précisément ce dont Clément VII se plaignait aux ambassadeurs français et, en particulier, aux cardinaux de Tournon et de Grammont : « Avoir pris connaissance du procès du divorce, malgré les défenses formelles du Saint-Siège qui s'en était réservé le jugement, ce c'était une chose qui tournait au grand raval- « lement du dit Saint-Siège, attendu que, durant le (f temps qu'on le prioit de superseder (surseoir) et de « ne rien innover jusques à l'entrevue, le dit roy tou- « jours innovoit et passoit outre ^ »

Le cardinal de Tournon, chargé par François I" d'intervenir auprès du pape en faveur du roi d'Angleterre, remplit sa commission de son mieux.

Voici comment il rend compte à son maître des résultats de sa démarche :

a Le Saint-Père a répondu qu'il étoit très fâché de « n'avoir pas pu satisfaire Votre Majesté, mais que le (( dit roi d'Angleterre l'a contraint et presque forcé de (( faire ce qu'il a fait ^ , surtout depuis qu'il a vu que le « mariage nouveau s'étoit conclu malgré les inhibitions a et défenses, mais en outre a fait publier ses lois de « suprématie et autres au grand détriment du Saintce Siège et de l'Église, et encore a fait procéder jusqu'à « sentence l'archevêque de Cantorbéry, lequel se dit en « sa môme sentence dont nous avons vu le double en

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