‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 357 sur 400 · DERNIÈRES LIMITES DES MÉNAGEMENTS · texte numérisé non relu

DERNIÈRES LIMITES DES MÉNAGEMENTS

Il y avait donc là une double force des choses, contre laquelle il était insensé de vouloir lutter. On ne comprend pas qu'à la veille du 23 mars, Jean du Bellay rôvàt encore une conciliation. On comprend encore moins comment des écrivains modernes ont pu accuser Clément YII d'avoir, par trop de raideur et de précipitation, jeté l'Angleterre dans le schisme.

En étudiant bien les faits, on se convaincra, au contraire, que ce pontife a poussé jusqu'aux limites les plus extrêmes le système des temporisations, des concessions et des ménagements politiques i. La porte du repentir resta longtemps ouverte à Henri VIII : mais son incurable obstination l'empêcha d'en profiter.

Quoiqu'il en soit, cette porte finit par se fermer, — et, par le fait, elle- se ferma sans retour. — Il était temps de terminer ce procès, le plus célèbre peut-être qu'il y ait jamais eu au monde. Le roi et la reine d'Angleterre y figuraient comme parties principales : l'empereur et le roi de France s'y joignirent comme solliciteurs. L'Europe entière fut, en quelque sorte, la spectatrice attentive et inquiète.

Après des débats très vifs et quelquefois passionnés, après un examen sérieux et approfondi, l'Eglise prononça son jugement définitif.

Un historien protestant a dit : « Le préjugé de l'Eu- « rope était pour Rome ; l'Angleterre eut pour elle l'é- « vénement. » Ce préjugé de l'Europe, c'est-à-dire de tout le monde civilisé de cette époque, n'était autre chose qu'un éclatant témoignage rendu à la justice et à lu vérité; ïévéncmcnt qui s'accomplit en Angleterre fut

l. llisluirc d Angleterre, par M. du Lanvy, p. 273.

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