LA SENTENCE DU CONSISTOIRE PAS TROP PRÉCIPITÉE
pour le roi d'Angleterre^ que le schisme fut proclamé dans ce royaume ; le schisme résultait déjà de la suprématie spirituelle que s'y était arrogée Henri VIII, ainsi que de la suppression de tout appel des sujets anglais en cour de Rome. Qu'aurait donc gagné le pape à des ménagements si longtemps prolongés? En retardant de quelques jours le jugement du divorce, croit-on qu'il eût pu parvenir à rétablir son autorité sur la Grande-Bretagne ? Est-ce que le parlement et le roi auraient rétracté les bills qu'ils venaient de voter et de sanctionner? D'ailleurs J. du Bellay, qui a reçu la dépêche de Henri VIII, a dû savoir ce qu'elle contenait : si elle renfermait des propositions acceptables d'accommodement, pourquoi ne les a-t-il pas fait connaître? Pourquoi aurait-il négligé ce moyen de défendre le roi d'Angleterre, lui qui était si ardent pour sa cause? Sans doute Henri VIII demandait au pape d'amnistier et de consacrer le fait accompli : or, le souverain pontife, qui avait, à trois différentes reprises, fait au ^ roi d'Angleterre des défenses et inhibitions de procéder à un second mariage avant que le premier fût annulé, et qu'il 'avait menacé de ses anathèmes, dans le cas où ces inhibitions seraient violées, ne pouvait pas se déjuger et donner une prime à la révolte parce qu'elle avait été consommée. C'eût été une abdication morale, une espèce de suicide de la papauté que l'on ne peut pas supposer et que la Providence ne devait pas permettre*
l. Le premier des brefs fulminés à ce [sujet, par Clément VII, est du 7 mars 1530, le second. du 10 janvier 1531, le troisième du 23 décembre 1532.