CORRESPONDANCE D ARTHUR ET DE CATIIER[NE
gne et d'Angleterre les premières promesses d'alliance matrimoniale , Isabelle avait permis , entre les deux fiancés, une correspondance en langue latine. Cette correspondance devait avoir le double but de cultiver entre le prince Arthur et Catherine des sentiments de mutuelle affection et de leur faire faire des progrès en belle latinité. Mais cette langue, qui était restée jusqu'alors la langue de la diplomatie et de la science, n'était pas celle de l'amour. D'ailleurs les lettres des jeunes amants passaient sous les yeux d'une armée de tuteurs, précepteurs, confesseurs, évoques, gouverneurs et gouvernantes \ qui surveillaient et, au besoin, révisaient ces compositions laborieuses. On ne doit donc y chercher ni spontanéité, ni vérité dans l'expression des sentiments. Tout y est banal et artificiel. Comme exercices littéraires, . plusieurs de ces épîtres ne sont pas sans quelque mérite. On en cite une, entre autres, du prince Arthur datée de Ludlow-Caste en 1499, où il exprime, avec une certaine vivacité, son désir impatient de voir et d'embrasser sa très-chère femme ^. La réponse venue de l'Alhambra est plus froide et plus guindée. On sent que l'étiquette espagnole a passé par là. Mais sous le rapport de l'élégance cicéronienne, Catherine n'est pas inférieure à son émule en littérature ^.