Ambassadoui* d'Espagne eu Aiigletorro
^2 BELLE LETTRE d'iSABELLE.
Isabelle crut devoir attendre que le jeune Arthur prince de Galles, eût atteint sa quatorzième année, ce qui était, à cette époque, l'âge de la majorité des rois. Ayant appris que de grandes dépenses devaient être faites pour la réception de sa fille et pour ses noces, voici en quels termes pleins de dignité, de vigueur et d'élévation, cette noble reine appréciait et critiquait d'avance le luxe exagéré que semblaient annoncer ces préparatifs :
« Certainement, disait-elle, rien ne me serait plus « agréable que d'entendre vanter les magnificences du « roi d'Angleterre ; rien ne me flatterait plus vivement « que d'apprendre les démonstrations brillantes de la c^ joie publique lors de la réception de ma fille bience aimée. Néanmoins, ce qui serait complètement d'ac- « cord avec mes sentiments intimes et avec les désirs « secrets du roi mon époux et seigneur, c'est que les ce dépenses fussent modérées autant que possible, ce Nous ne voudrions pas que notre fille fût, dans sa « nouvelle patrie, l'occasion d'aucune privation, d'aucc cune souffrance pécuniaire ou autre. Au contraire, ce nous désirons qu'elle y soit la source de tous les ce genres de bonheur, et nous espérons qu^il en sera ce ainsi avec l'aide de Dieu. Au surplus, la partie de ec cette fête qui nous paraîtrait la plus douce et la plus ce belle, serait l'accueil affectueux que lui feraient le ce prince de Galles, et la reine elle-même, en la traicc tant comme sa propre fille. Dites cela au roi d'An- <t gleterre. »
Cette lettre était du 23 mars 1501.
Longtemps auparavant, et dès l'année 1497, époque où avaient été échangées entre les souverains d'Espa-