‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 45 sur 400 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Arrivée de Catherine à Plymouth ; bon accueil qui lui est fait. — Difficultés de l'étiquette espagnole levées par un acte d'autorité de Henri VII. — Promesses des iiancés renouvelées. — Bayard-Castle et l'Alhambra. — Mariage de Catherine célébré à St-Paul de Londres. — Tournoi et représentations symboliques : mise en scène d'Alphonse le sage. — Arthur et sa cour à Ludlow-Castle, en Shropshire : Sa mort : Quelle en fut la cause ? Son monument funéraire à Worcester. — Cruelle situation de la jeune veuve.

Au mois d'août loOl, Catherine s'embarqua à la Corogne pour l'Angleterre; les vents contraires la rejetèrent sur les côtes de la Vieille-Castille, et Catherine fut assez sérieusement indisposée. Dès qu'elle fut rétablie, elle s'embarqua, le 26 septembre suivant, sur un meilleur navire, et, après une heureuse traversée, elle aborda à Plymouth le 2 octobre. Son arrivée donna lieu à des réjouissances publiques. Parmi la noblesse des environs, de nombreux cavaliers s'étaient réunis pour faire cortège à leur reine future. Henri VII avait envoyé Lord Broke, son grand sénéchal, au-devant de la princesse , afin de pourvoir à tous ses besoins ; le comte de Surrey et la duchesse de Norfolk devaient ôtre plus particulièrement attachés à sa personne. La duchesse fut immédiatement admise auprès d'elle, et, à dater de ce moment, elle lui tint constamment compagnie et lui servit de guide et de conseil.

Henri VU quitta lui-même, le i octobre, le palais de

16 DIFFICULTÉS d'ÉTIQUETTE.

Shene pour venir à la rencontre de sa belle-fille. Mais le temps était tellement pluvieux et les routes si exécrables, que la fatigue et le mauvais temps le forcèrent à s'arrêter à Ghertesey pour s'y reposer et y passer la nuit. Cependant, la matinée suivante, le roi et les personnes de sa suite reprirent leur course à Hampstead où se trouvait le prince Arthur. Il ne paraît pas que Ton sût encore, dans cette résidence, que la jeune reine était arrivée : car le roi y fit encore une station auprès de son fils. On ne se remit en route que le lendemain, sans se hâter beaucoup. Enfin, quand le roi fut dans la plaine d'où l'on découvrait Plymouth, il aperçut le protonotaire d'Espagne, suivi de quelques cavaliers en grande tenue qui venaient à sa rencontre pour lui porter un message officiel. Il s'agissait de s'opposer, au nom du roi Ferdinand, à ce que le prince de Galles et son père pussent voir la jeune fiancée avant qu'elle fût conduite à l'autel ; car on ne pensait pas, en Espagne, qu'avant la célébration de son mariage, le voile de la princesse pût être levé, et qu'il fût permis aux yeux d'un Anglais de contempler ses traits, fût-ce même son futur époux. « Gette injonction « singulière consterna et stupéfia tout le cortège royal, (( et jeta dans ses rangs une espèce de froid mor- (( tel ^ » Le roi Henri n'était pas ennemi absolu de l'étiquette, et il admettait un certain cérémonial à sa cour ; mais ces procédés, par trop asiatiques, devaient répugner profondément à un prince anglais. Aussi, après quelques minutes d'hésitation, il convoqua autour de lui, en plein champ, les membres de son conseil

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