‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 50 sur 400 · GRANDES QUALITÉS DES DEUX ÉPOUX · texte numérisé non relu

GRANDES QUALITÉS DES DEUX ÉPOUX

cour de Henri VII avait excité en sa faveur les plus heureuses préventions. Ceux qui avaient pu l'approcher étaient restés sous le charme de sa beauté et de sa gracieuse modestie. Sa piété angélique avait touché tous les membres de la famille royale à laquelle elle venait de s'unir et, en particulier, son époux le prince de Galles qui paraissait la chérir autant que l'admirer.

Arthur lui-même était un aimable et bel adolescent, mais qui n'avait rien d'un homme fait. Son instruction avait été très précoce, et, s'il faut en croire le témoignage de son précepteur, il aurait lu et annoté de sa main, avant son mariage, les principaux classiques de l'antiquité profane. Gela ne l'empêchait pas de se livrer à tous les exercices du corps qui faisaient alors une partie essentielle de l'éducation des princes.

Le roi Henri VII avait fait don au prince de Galles du château de Ludlow en Shropshire. C'est là qu'Arthur tint sa cour pendant l'hiver qui suivit son mariage. C'est là que pour achever son éducation politique, il se faisait instruire soigneusement par quelques savants et hommes d'Etat distingués des principes de l'administration et du gouvernement, ainsi que de la constitution de la Grande-Bretagne. Par toutes ses bonnes qualités, par son désir ardent de se rendre digne un jour de porter la couronne, il était l'amour et l'espoir de toute TAngleterre. Cet espoir fut tristement déçu; il mourut peu de mois après son mariage, le 2 avril lo02.

La plupart des historiens disent que ce jeune prince avait une santé délicate et qu'il succomba aux rigueurs de l'hiver. Il paraît, au contraire, d'après des chroniqueurs espagnols qui tenaient leurs informations de Catherine elle-même, qu'il était fort et robuste, mais

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