FAUSSES PRÉDICTIONS DE BONHEUR
mariage. Il y eut un brillant tournoi et des prix donnés aux vainqueurs par la jeune mariée. Il y eut aussi des tableaux et représentations allégoriques : ainsi, dans un de ces tableaux, Catherine était symbolisée par l'étoile du matin, et Arthur par Arcturus, le plus brillant des astres du soir. Mais ce qui attira surtout l'attention, ce fut la mise en scène du personnage d'Alphonse le Sage ^, l'un des aïeux de la jeune princesse, lequel parut sur le théâtre avec tous les insignes de l'astrologie, science que ce monarque si savant avait, dit-on, cultivée avec succès ; et l'astrologue couronné ne manqua pas de prédire à Catherine une brillante fortune et à Arthur une longue et glorieuse vie ^.
Hélas ! ne semblait-il pas que ce fût une double dérision du sort qui attendait ce jeune couple? Arthur ne devait plus vivre que quelques mois, et, si sa jeune veuve était destinée un jour à ceindre la couronne, cette couronne devait avoir des épines bien cruellement empoisonnées !
Un retour éphémère de beau temps et quelques rayons de soleil avaient favorisé ces fêtes nuptiales. Mais bientôt les brouillards épais de novembre vinrent étendre leur manteau obscur sur Londres et sur toute l'Angleterre.
Catherine avait alors un peu plus de seize ans et possédait tout l'éclat de sa fraîche jeunesse : Arthur, né le 20 septembre 1486, en avait quinze, tout récemment révolus. L'apparition de la jeune princesse à la
1. On traduit ordinairement el sabio, par le sage; mais le vrai sens est le savant, de saber, savoir.