HENRI VU DEMANDE LA MAIN DE CATHERINE
Isabelle demande ensuite que le roi d'Angleterre désigne une personne respectable pour accompagner la princesse Catherine et qu'un navire soit frété sur le champ pour la recevoir et la ramener en Espagne.
Jusqu'ici c'est le langage de la mère, pleine de prévoyance, d'affection et de sollicitude. Mais il y a encore dans la reine d'Espagne un autre personnage qui prend la parole à son tour. C'est l'homme d'État, et c'est lui qui dicte les paroles suivantes :
« Si le roi refuse de rendre la portion de la dot déjà avancée et de restituer le douaire, s'il ne veut pas désigner une dame pour accompagner ma fille, mais qu'il vous dise quelque chose sur son mariage possible avec le prince de Galles, n'allez pas trop loin dans vos exigences ni trop vite dans vos ordres de départ. Sans paraître, à cet égard, manifester aucune satisfaction, dites que vous demanderez le temps de nous consulter et que vous suspendrez tout préparaiif de voyage jusqu'à notre réponse. »
Les choses se passèrent comme l'avait craint peutêtre la mère et comme l'avait trop bien calculé l'homme d'État. Henri VII finit par faire des ouvertures au docteur Puebla, ambassadeur d'Espagne, pour le mariage de la princesse Catherine et de Henri, prince de Galles. Il offrit, ea faveur de cette nouvelle union, les conditions les plus avantageuses à l'Espagne ; il promit qu'il donnerait toute satisfaction à Catherine quant au paiement du douaire, qui serait ell'ectué dans le délai d'un an.
Ces négociations se poursuivirent d'abord assez activement des deux parts avec la bonne volonté mutuelle de réussir. Mais un incident inattendu vint tout à coup