Miss Stricldand, loco citato, pp
FAIT A SON MARI PHILIPPE LE BEAU. o3
Isabelle était déjà dangereusement malade, il fit ce qu'il put pour empêcher Philippe de quitter l'Espagne et d'aller dans les Flandres. Il lui représenta que si la reine venait à mourir, l'archiduchesse et lui pourraient, étant sur les lieux, entrer paisiblement en possession du royaume de Gastille ; mais que si, au contraire, ils s'éloignaient de la péninsule, on pourrait contester leurs droits dé succession. Philippe n'écouta point ces sages conseils ; il se rendit en Flandre par terre et, en passant, il négocia un traité avec le roi de France au nom des souverains de l'Espagne, qui ne lui avaient donné aucun mandat à ce sujet ^
Peu de temps après l'arrivée du jeune couple dans les Pays-Bas, Philippe devient éperdûment amoureux de l'une des dames espagnoles qui faisaient partie du cortège royal. Juana, dans la salle de son palais, en présence de plusieurs personnes de la cour, attaque à coups de poing sa trop séduisante rivale, et, dans un accès de jalousie désespérée, s'emporte jusqu'à lui arracher les beaux cheveux qui avaient fait l'admiration de Finfidèle archiduc. — Philippe, violemment irrité de cet outrage, exhale sa colère contre la princesse dans les termes les moins convenables et les moins chevaleresques, et déclare que, désormais, il n'aurait plus aucun commerce avec elle.
La nouvelle de ces tristes événements aggrava la maladie d'Isabelle et hâta peut-être la fin de ses jours.
Son testament portait expressément qu'en cas d'ab-
1. Lettre de Ferdinand au docteur Puobla, du 2Î juin 1505, l. I"'" du Calendar des ktters and despatc/ies, p. 35 i, n? 432. — Il rappelle dans cette lettre des faits qui se sont passés déjà depuis quelque temps.