‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 72 sur 400 · SCÈNE VIOLENTE DE JALOUSIE QUE D. JUANA · texte numérisé non relu

SCÈNE VIOLENTE DE JALOUSIE QUE D. JUANA

n'ont pas de quoi renouveler leurs vêtements. Je reconnais là la main du Docteur, qui n'a tenu aucun compte de Tordre que vous lui aviez donaé de réclamer quelque argent pour moi de la part du roi d'Angleterre. Il a mieux aimé me laisser souffrir que de risquer de se faire tort à lui-même par une demande importune. A présent, mon seigneur et bien aimé père, ma première dame d'honneur i, D. Elvira de Manuel, me demande d'aller en Flandre pour consulter un oculiste célèbre. Elle a déjà à peu près perdu un œil, et si elle devient aveugle, ses précieux et bons services seront à jamais perdus pour moi. Je désirerais donc vivement qu'elle fît ce voyage. Que Votre Altesse veuille donc bien me procurer les moyens d'en faire les frais, en même temps qu'elle demanderait au roi d'Angleterre, de me donner pour compagne une lady anglaise d'un certain âge. »

Elle impute au docteur Puebla, à la fin de sa lettre, d'avoir conseillé à Henri de la priver de sa petite cour, et de ne pas la laisser avec une Maisoii à elle^ comme semblerait l'exiger son titre de princesse douairière de Galles, et son rang d'Infante espagnole. Elle dit que Puebla semble être plutôt au service de Henri VII qu'à celui du roi d'Espagne, et sa conclusion formelle est qu'il faudrait le remplacer par un autre ambassadeur.

Ferdinand, qui savait que Puebla avait l'oreille du roi d'Angleterre et entendait très-bien la politique continentale, fut sourd aux plaintes de Catherine et garda son ambassadeur.

Ce prince que l'on accuse, non sans raison, d'une grande duplicité, s'était pourtant conduit assez loyalement, au moins dans le principe, avec son gendre Philippe le Beau et avec sa fille D. Juana. Lorsque la reine

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