Lingard, Histoire d'Angleterre, t. Y, iraduct,, p
HENRI VII INTERDIT LES RAPPORTS INTIMES 5o
d'avoir une courte entrevue avec le roi d'Angleterre et de se rembarquer bientôt après avec D. Juana. Mais il céda aux instances par trop pressantes, ou plutôt à une véritable contrainte de son hôte royal pour prolonger son séjour bien au delà du terme qu'il avait fixé. Henri YII commença par dépêcher à D. Juana le comte d'Arundel et lord Montjoy pour qu'on l'amenât à Windsor. En attendant, Catherine faisait beaucoup de frais pour Philippe, dont elle espérait s'attirer la bienveillance et la protection. Elle dansa en sa présence une danse espagnole avec une dame de sa maison, et elle engagea son beau-frère à se joindre à elle. Le prince lui répondit d'un ton bouru qu'il était un marin et non un danseur; puis il retourna s'entretenir avec Henri VII ^
La reine Juana, accompagnée des deux lords anglais et de sa suite personnelle, arriva à Windsor le 10 février, un peu plus de huit jours après son mari. Pour se dérober aux cérémonies d'une réception solennelle, elle entra par les derrières du palais ; mais Henri YII vint à sa rencontre jusqu'au pied de l'escalier et l'embrassa avec beaucoup de tendresse ^.
Ce fut ensuite au tour de Catherine à venir souhaiter la bienvenue à la reine ; elle se présenta à elle avec sa belle-sœur Marie ^, croyant qu'après cette présentation on la laisserait seule avec Juana, et qu'on lui permettrait de se livrer aux confidences et aux épanchements qui semblaient un besoin du cœur pour deux sœurs sé-
1. Miss Strickland, lococitato, t. II. p. i8'2 ; elle a puisé ces détails dans le Journal du Hérault.
2. On verra plus tard pourquoi nous insistons sur ces détails.
3. Fille de Henri VU et sœur de Henri VIII, plus tard la troisième femme de I-ouis XII ; ce mariage se lit on 151 1.