RAISONS DES RETARDS APPORTÉS AU PAIEMENT
duc et Ferdinand. Tout en ne faisant aucune difficulté pour remettre à Philippe le Beau les rênes du gouvernement de la Gastille, le roi d'Aragon entendait se décharger sur lui de ce qui restait dû sur la dot de la veuve du prince de Galles. Il fit de grands efforts pour l'engager, ainsi que Dona Juana, à retenir les joyaux d'Isabelle, pour leur part de succession et à en faire porter le prix en Angleterre. Très certainement les joyaux valaient plus de cent mille écus. Néanmoins les deux époux ne voulurent pas souscrire à cet arrangement.
En apprenant ces débats qui suspendaient tout et n'aboutissaient à rien, Henri VII fut transporté d'une violente colère, et la pauvre princesse Catherine en ressentit cruellement les effets. Les mauvais traitements qu'elle eut à essuyer furent tels que le docteur Puebla lui-même qui palliait tout, qui édidcorait tout (sugared over) ^, finissait lui-même par trouver que les procédés du roi d'Angleterre à l'égard de Catherine devenaient trop durs et trop pénibles [unplcasant). Henri VII, qui semblait vouloir brouiller tout à fait les cartes, alla jusqu'à exprimer impérieusement le désir que son fils demandât la main d'une princesse française. C'était peutêtre un artifice de diplomatie. Mais le jeune prince de Galles, qui commençait à avoir une volonté, ne voulut pas s'y prêter : il craignait que l'on ne finît par prendre ces jeux au sérieux ; il entendait ne pas éluder les engagements résultant de ses fiançailles, malgré le simulacre de protestation qu'on lui avait fait signer deux ans auparavant.
Sur ces entrefaites, on apprend la mort de l'archiduc
1 . C'est l'expression qu'emploie Catherine dans une de ses lettres.