‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 81 sur 400 · DE LA DOT DE CATHERINE · texte numérisé non relu

DE LA DOT DE CATHERINE

Philippe, et le roi Henri conçoit l'idée de se marier avec Dona Juana, veuve de ce prince.

C'était, à beaucoup d'égards, une idée étrange. Si elle s'était réalisée, et si Catherine avait en même temps épousé le prince de Galles, le vieux roi serait devenu le beau-frère de son fils et de sa belle-fille. Cela aurait amené une singulière confusion dans la famille, surtout dans le cas où il y aurait eu des enfants des deux mariages. C'eût été une source de troubles et de guerres civiles. Certainement l'opinion publique en Angleterre se serait prononcée contre un tel projet.

Il est vrai que, si Henri YH avait obtenu la main de la reine de Castille avec les cent mille écus qui lui étaient dus sur la dot de Catherine, il aurait probablement rompu le mariage de cette princesse avec le prince de Galles, et l'aurait forcée à rester en Angleterre pour qu'elle pût y jouir de son douaire de veuve.

C'est cependant à Catherine elle-même que s'adressa le vieux roi, en la priant de sonder Ferdinand au sujet de la proposition qu'il comptait lui faire : cette princesse crut devoir accéder à ce désir, et elle écrivit à son père une lettre, très explicite et très détaillée, pour lui faire connaître les intentions de Henri VH.

La réponse à cette lettre se fit attendre assez longtemps, parce que le roi d'Aragon était alors à Naples et que les communications entre l'Angleterre et les Deux- Siciles n'étaient alors ni faciles, ni rapides. Ferdinand écrivait à sa fille qu'il ferait tous ses etTorts pour décider Dona Juana à prendre un second mari, et que, s'il l'y décidait, ce mari ne serait pas autre que Henri VU. Au surplus, il demanda le secret le plus profond, en faisant remarquer qu'il ne pouvait être sérieusement

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