‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 87 sur 400 · CONCESSION POLITIQUE COMMANDÉE A CATHERINE · texte numérisé non relu

CONCESSION POLITIQUE COMMANDÉE A CATHERINE

soit certain que son cœur en ait souffert cruellement.

a La grande affection qu'il a sentie et qu'il sent encore pour Votre Altesse depuis ce moment jusqu'à ce jour, est une chose bien connue en Angleterre. Je ne pourrais pas, même en usant beaucoup de papier, vous exprimer assez vivement le plaisir qu'a éprouvé Henri VII, quand il a su que le seigneur-roi était revenu en Gastille, et qu'il projetait de venir ici avec Votre Altesse, et quand il a appris que sa domination a été reconnue sur toute l'Espagne, de sorte qu'avec lui y régnent la paix et la concorde. »

Elle vante ensuite les avantages que peut offrir l'alliance du roi d'Angleterre :

« C'est un prince qui est grandement craint et estimé dans la chrétienté tout entière, soit à cause de sa sagesse et de son habileté, soit parce qu'il possède d'immenses trésors, soit parce qu'il dispose de troupes excellentes. En outre, il est doué des plus grandes vertus, ainsi que Votre Altesse a dû l'entendre dire partout.

« Que si le mariage dont il est question, vous a été proposé par le roi, notre père, et s'il obtient votre assentiment, ce dont je ne doute pas, vous serez, quand il sera conclu, la reine la plus puissante de l'univers. Ce sera une satisfaction générale dans votre nouveau royaume d'apprendre que Votre Altesse y portera la couronne. Ajoutez à cela qu'un double lien de tendre affection s'établira entre le roi, notre père, et monseigneur le roi d'Angleterre. Grâce à leur union, la guerre contre les Mores sera poussée si vigoureusement que toute l'Afrique sera conquise en peu de temps, et qu'elle tombera entre les mains des chrétiens, sujets de Votre Altesse et du roi, notre père.

i2 PAU LES EXIGENCES DE SA SITUATION.

« Ayant à traiter avec vous de matières si intéressantes, je n'ai pas pu résister à la tentation de vous écrire et de vous exprimer mon opinion et mes désirs au sujet de ce qui vous est proposé. Si ce projet n'est pas agréé par vous, ce sera un grand péché contre Dieu, contre le roi notre père et contre vous même, dont le Seigneur garde et protège les hautes destinées ^ »

Sans doute, Catherine devait désirer une alliance qui l'aurait rapprochée de sa tante, mais elle savait bien qu'elle ne pouvait pas l'espérer. Au surplus, au mois de janvier 1508, Ferdinand avait vu et entretenu sa fille Juana. Cette princesse faisait toujours traîner après elle le cercueil de son mari. Tous les efforts tentés pour l'engager à le mettre au tombeau avaient été jusque-là infructueux ^. Au premier jour de l'an, elle avait demandé que les honneurs royaux fussent rendus à ce cadavre. Ferdinand fît comprendre à son royal correspondant qu'on ne pouvait pas parler à cette princesse d'un nouveau mariage jusqu'à ce que cette étrange cérémonie eût été accomplie. Plus tard, il conseilla à Henri VII de ne pas faire de démarche sérieuse et directe auprès de Juana jusqu'à ce que son premier mari eût été inhumé.

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