‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 91 sur 400 · FERDINAND FINIT PAR PERDRE PATIENCE · texte numérisé non relu

FERDINAND FINIT PAR PERDRE PATIENCE

« prince, disait-il, ne saurait éprouver un amour sin- « cère; sa passion réelle, c'est d'avoir une occasion ou « un prétexte de se mêler des affaires de Gastille. »

La même raison le rendait secrètement hostile au projet de mariage entre son petit-fils Charles et Marie d'Angleterre.

Mais traversé ainsi dans ses vues matrimoniales, Henri VII mettait, par représailles, des entraves toujours nouvelles à la consommation du mariage entre son fils et la princesse Catherine.

D'ailleurs il manifestait, de son côté, la crainte que Ferdinand n'acquît sur son gendre, au moyen de sa fille, une véritable influence politique, et qu'il ne décidât le jeune prince de Galles à faire de l'opposition à son père.

Cependant, il était bien tard pour s'apercevoir de ces inconvénients et pour en faire des objections sérieuses. Il était odieux de tenir la princesse Catherine sous une surveillance qui ressemblait presque à celle d'un geôlier et d'avoir défendu au prince de Galles de chercher à voir sa fiancée.

Aussi Ferdinand, dans le cours de Tannée 1508, commence à perdre patience : il écrit à Fuensalida qu'il voit bien enfin que Henri VII a un détestable caractère et qu'il est étranger à tout sentiment d'honneur et de loyauté.

« Sa cupidité est extrême, dit-il, il n'aime personne, pas plus la reine de Gastille que la princesse de Galles. Nous ne ressentons plus pour lui aucune affection, mais nous croyons le prince de Galles lui-même plus capable d'entendre raison. On ne voit pas pourquoi Henri VII se montre si mal disposé pour son propre fils. Peut-

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