‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 94 sur 400 · A HENRI QUI REFUSE DE LAISSER PARTIR CATHERINE · texte numérisé non relu

A HENRI QUI REFUSE DE LAISSER PARTIR CATHERINE

(( ferai la guerre à Henri, une guerre sanglante et sans (( merci, comme je la ferais aux Turcs et aux infidèles. « Il faut que le roi d'Angleterre tienne sa parole ou « qu'il périsse ! »

Cependant le roi de France, dont Ferdinand réclamait l'alliance, parvint à contenir cette colère bien excusable, mais peu politique, surtout à ce moment. Car Henri VII se mourait de consomption, et le prince qui devait être Henri VIII s'était toujours montré très bien disposé pour la princesse Catherine. On s'accordait aie juger favorablement. Puebla vantait la force, la haute stature du jeune prince de Galles ; le duc d'Estrada parlait de sa prudence, de son habileté, des richesses immenses dont il allait hériter ; Fuensalida lui-même disait avoir une excellente opinion de sa moralité et de son intelligence. D'après ces rapports divers, Ferdinand crut devoir assurer le jeune prince de sa paternelle affection et lui faire les offres de service les plus bienveillantes.

Sur ces entrefaites, arriva la mort de Henri VII, qui mit fin à des difficultés et à des complications qui pouvaient devenir dangereuses. 11 fut peu regretté. Môme au sein du peuple anglais, ses mauvais procédés à l'égard de Catherine avaient produit le plus fâcheux effet. Sa détestable politique étrangère, dans les dernières années de sa vie, avait achevé de lui ôter toute popularité.

Quant à la princesse de Galles, elle allait échapper à la pauvreté et à l'oppression, pour partager l'un des premiers trônes de l'Europe avec un prince spirituel, instruit, d'un caractère, disait-on, noble et chevaleresque, et qui semblait avoir pour elle un véritable at-

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