‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 103 sur 186 · CHAPITRE VII. 19a · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 19a

fussent déposés dans une terre consacrée ^ Aucune fatigue ne rebutait son zèle. On la \it parfois, malade, présider de son lit des réunions de calvinistes, écouter patiemment leurs longues réclamations*, dominer ses souffrances pour leur témoigner plus d'intérêt, braver enfin les mécontentements du clergé catholique et l'irritation do la population parisienne à laquelle les huguenots inspiraient un profond éloignement.

Le cardinal de (iondi, le curé de Saint-Eustache et d'autres ecclésiastiques se plaignirent souvent de l'éclat des pratiques religieuses de Catherine. Henri IV, fidèle au plan politique qu'il avait adopté, leur répondit avec ménagement, et se borna à adresser quelques observations insignifiantes à la princesse. En i594, les protestants de Saîntonge et de Poitou lui ayant adressé une re-

1. M Madame, sœup (In roy, trouve foH estraiige de voulloii* priver les réformés de sépulture, estant ung acte et espèce d'inhumanité. » (Délibér. du larlement de Rouen sur les réformés. Registres secrets du Farlcment de Normandie, 1597, fol. 2. Archives de la cour d'appel de Rouen.)

2. Voir, sur l'intervention de Catherine dans les querelles de religion entre le cardinal du Perron et les ministres protestants, les CKurrfis de du Perron, Paris, 4662, p. 309 et suiv.

m CiVTHERINE DE BOURBON,

quête pour la conservation de leurs privilèges, il leur répondit avec fermeté d'abord, puis d'un ton plaisant en apparence, « qu'ils devaient désormais s'adresser à Madame, sa sœur, car leur royaume était tombé en quenouille. »

Les lettres de Catherine adressées, vers cette même époque, à Mornay et à Fontrailles*, sont encore des témoignages du zèle qu'elle mettait à pratiquer sa religion et de la crainte qu'elle éprouvait qu'on ne la supposât disposée à imiter le roi dans sa converaion. Elles démentent également un bruit qui circulait alors et que nous trouvons reproduit dans plusieurs auteurs : on disait qu'elle avait offert au roi de rentrer dans l'Église à condition qu'elle épouserait le comte de Soissons.

Catherine commençait ainsi la lutte qu'elle devait soutenir pour les croyances de sa mère jusqu'à la fin de sa vie, aux dépens de sa sûreté, de sa tranquillité personnelle, en s'exposant dès lors à une impopularité dont les symptômes éclataient sans cesse malgré le respect porté à son nom et la protection de Henri IV. i^ son passage

\. Voir aux pièce? justificatives,

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