CHAPITRE Vni
partement de vous comporter envers elle, lui parlant avec le même honneur, respect et déférence que vous fériés à moi-môme, luy donnant des asseurances de ma bienveillance, luy remonstrant en de certaines choses doucement son devoir, les obligations qu'elle m'a, les advantages que je luy veux faire si elle me sait complaire, et ce qui est de mon intention sur toutes ces particularités : partant, pensez à ce que vous avés dit et fait, et s'il y a la moindre chose qui l'ait peu justement fascher, allez la retrouver, lui en faites d'honnêtes excuses, voire la prier de vous pardonner si la chose le mérite, ce qu'elle fera aussitôt et n'y serez pas mal receu, car j'y ay pourveu comme il faut. Mais quoi qu'il y ait, donnez-lui satisfaction, car je ne vouldroys pas souffrir, estant ce qu'elle m'est, qu'un seul de mes sujets l'offençast sans le chastier, s'il refusoit à user des submissions qui luy sont deues. Et sur cela, je prieray Dieu, Monsieur de Rosny, qu'il vous ayt en sa garde.
a D'Amiens, ce 15 de may 1596. (1) »
I. CEcon, royal,, t. II, p. 463, édit. Petitot. L'Étoile, journal de Henri IV, p. 120^ t. II, édit. de la Haye.
Quatre heures après la réception de cette lettre, qui fit faire au ministre des réflexions assez tristes sur les difficultés que l'on trouve à servir les rois, un autre courrier remit directement à Sully une seconde dépêche, entièrement à son éloge, et dans laquelle Henri parlait de la première comme d'une concession faite à l'extrême mécontentement de la princesse.
« Mon ami, lui disait-il, je ne double point que cette lettre ne vous trouve en colère du stile de ma précédente, que Boesse vous aura rendue, laquelle je n'ai faite que par son importunité et pour me délivrer de celles de ma sœur, et pour apaiser les premiers bouillons de son courroux. Vous la connoissez aussi bien que moi. Nous sommes tous deux prompts et mutins, mais nous revenons aussitôt. N'ayez donc crainte que je vous désavoue ni souffre vous estre fait desplaisir.' Servez-moi toujours à ma mode. Aymez^moi comme je vous veux aîmer,*venez me trouver ail plus tost pour m'informer encore plus particulièrement de tout ce qui s'est passé en votre voyage^ et vous îasseurés d'être aussi bien reçu de moi, que vous
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