‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 114 sur 186 · CHAPITRE Vlir. 2I:î · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlir. 2I:î

loisir d'y bien penser et de prendre conseil avec les miens et le chevet de mon lit. Partant, vous pouvez vous retirer en votre logis comme je vais faire en mon cabinet. »

« Et sur cela, racontent les secrétaires de Sully, Madame vous ayant quitté, vous aussi, après avoir fait de grandes révérences et dit quelques paroles de compliment aux dames qui estoient dans la chambre, et icelles priées de vouloir bien donner conseil à Madame, si elle leur en demandoit, et vous rendre de bons offices près d'elle, vous vous en allastes à votre logis. »

Le lendemain, Sully, plus embarrassé que la veille, trouva Catherine plus irritée encore. Elle avait tenu conseil, et la guerre était décidée. Au bout d'une heure d'attente, Sully fut enfin admis chez la princesse qui, après une violente apostrophe, où elle le traita sans pitié de rusé négociateur, lui reprocha avec hauteur a son insolence de la veille qui l'avoit porté à lui rappeler ce voyage du comte de Soissons en Béarn, auquel elle ne pense jamais sans avoir les despits au cœur, les souspirs en la bouche et les larmes aux yeux. » —

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« El de quel droit, Sully, vous naesler de mes affaires, dénies différends avec mon frère? Pourquoi mettre le doigt entre l'arbre et l'écorce? EstrC^ à un petit gentilhomme, dont le plus grand honneur est d -avoir été nourri en ma maison, qu'il appartient de s'occuper de choses plus hautes que sa portée? Que signifie ce discours à l'offense du comte de Sodssons, où vous faites tenir au roi un si impertinent langage? n Et elle finit en conseillant à Sully « de se retirer sans attendre qu'elle lui baiUe ses lettres, de ne plus songer h ces affaires ni prendre charge de revenir jaî^ais veys die de la part du roi, et de s'abstenir de paroître désormais en sa maison, ni se trouver en lieu où elle soit. »

Alors, profitant do l'offense pour élever la voix ^ son tour, suffoqué principalpment par Tépithète de peHi gentilhomme^ Sujly ne dissimule plus à la princesse la rigueur de ses ordres ; il lui déclare que la volonté du roi est qu'elle renonce à jamais au comte de Soissons, et que ce n'est qu'à ce prix qu'il rendra sa faveur au prince; qu'elle cesse de revenir sur l'acte de renonciation signé à Chartres,

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et qu'elle s'engage à accepter pour époux le prince qu'il conviendra au roi de choisir. Il ajoute qtie^ dans le cas contraire, une disgréœ sera son châtiment, et que, bannie de la cour, elle devra se contenter de son partage de princesse de Navarre et y retourner en simple vassale.

Ici, Catherîîie, exaspérée^ interrompt Sully* « Ètes-vous hors de sens que de vous délecter à m'offenser ainisi, à me parler si harditaent de me contraindre à mariage, quand vous saMM que c'est une action en laquelle chacun doit être libre? Avez-vous perdu la tête d'oser me parler de Ja privation des libéralités du roi, de mott partage et de ma maison? ÏI ftiut en vérité que vous ayez te diable au corps pour vous charger de m'antionoer de telles ttouvelles et user de telles offense. » Et, dans l'excès de sa colère, elle quitte impétwe^ae^ tnent la chambre, court écrire une lettre de piainles au t'oi contre Sully, et charge M. de Boisse, son écuyeî', de la lui porter en toute hâte, tandis «^ Sully retournait à Paris pour attendre de nouveaux ordres du roi. La dépêche de Catherine était remplie de plaintes; ^le exigeait une réparation et

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voulait la connaître. Henri écrivit alors à Sully la lettre suivante, qu'il fit porter à Fontainebleau pour que la princesse en prît connaissance et l'envoyât ensuite.

« Monsieur de Rosny, je suis en peine et grandement étonné de n'avoir reçu aucunes lettres de vous, depuis votre partement, qui me pussent informer de ce que vous avez advancé touchant les affaires dont je vous avois donné charge vers ma sœur, et principalement pour ce que j'ay receu de ses lettres par lesquelles elle se plaint merveilleusement de vous ; disant en avoir été tellement offensée et en tant de sortes qu'elle ne vous le sçauroit jamais pardonner, et partant, me prie de lui en vouloir faire raison et justice. Bien est-il vray que par sa lettre elle ne spécifie aucunes particularités, ce qui me faict estimer qu'il n'y a pas peutêtre tant de mal qu'elle en faict de bruit ; mais, en général, elle dit que vous lui avez tenu tant d'insolents langages que je ne lui en voudrai pas avoir usé de semblables. Vous sçavés bien qu'une telle procédure seroit contre votre devoir, mon désir et la forme que je vous ai ordonnée à votre

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