‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 119 sur 186 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

richit de vertus, d'honneur et de réputation ; il rîfistruit à la patience et à la tolérance de toutes sortes d'incommodités ; illui enseigne la frugalité, la lui fait pratiquer tous les jours ; il lui apprend à se contenter de peu, et quelquefois de rien du tout. N'est-ce point Tobliger que cela? Et, non content encore, il lui fait acquérir la réputation (aux dépens de la sienne propre) d'être la plus pleine de patience, respect et obéissance que nulle autre qui soit sur la terre, et enfin d'être la princesse qui sait le mieux ployer sous les volontés du plus rigoureux frère du monde. Et puis vous direz que ses bienfaits soientcommuns, qu'ils se puissent comparer à ceux des autres rois qui ont aimé leurs sœurs et leurs proches. rares obligations, marques d'amitié inouïes et dignes seulement du rare naturel de Henri Quatrième!* »

Ce libelle circula rapidement dans la société

1. Apologie pour le roy Henri IV, etCy parM"»® la duchesse de Rohan, la douairière, mère dugrand duc de Rohan, xxiii-xxix. Journal de Henri III, par M. Pierre de l'Estoile, t. IV, La Haye, chez Pierre Qam», mdccxliv. D'Aubigné attribue faussement ce libelle à Palma Cayet.

calviniste, arriva jusqu'à la connaissance de Ca* tberine et fut communiqué au roi, qui s'en montra profondément blessé. Si quelques parties de l'accusation étaient vraies, combien d'autres étûent mensongëi^es et injurieuses? Que de chagrins, de souvenirs cruels, de déceptions cachées ces reproches ne réveillaient-ils pas dans la grande ftme de Henri ! Était-ce seulement par ambition ou par égoïsme qu'il semblait négligeretopprimer sa sœur? N'y était-il pas condamné autant par les circonstances que parle caractère du comte de Soissons ? Pouvait-il enrichir Catherine quand lui-même manquait du nécessaire ? N'avait-il pas aussi pour excuse suffisante les difficultés de sa situation, la grandeur de sa mission? Qu'étaientr-ce, après tout, que les chagrins romanesques de sa sœur comparés à ses vastes préoccupations, à ses desseins, aux obstacles qu'il avait à surmonter? L'écrit de madame de Rohan, hâtons nous de le dire, eut le sort qu'il méritait, celui d'encourir un blâme général, et, loin d'adoucir les peines de Catherine, il fournit à Henri une occasion toute naturelle do «'expliquer, sans détour avec sa sœur, de lui déclarer ses vo-

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