CHAPITRE VIII
progressif de leur influence , tant qu'un édit m garantirait pas leur existence et leur liberté.
Le pape Clément VIII avait alors absous Henri IV. Le roi s'était engagé à fonder plusieurs monastères, à rétablir le culte catholique en Béarn, à publier dans tout le royaume le concile de Trente qui condamnait la Réforme, à faire élever dans le sein de l'Église le jeune prince de Condé, héritier présomptif de la couronne, et à rappeler les Je* suites bannis de France depuis l'attentat de Jean Chôtel.
Réconcilié avec Rome, Henri soumettait d'un autre côté le duc d'Épernon en Provence, traitait avec Mayenne, dissolvait la Ligue et satisfaisait les prétentions des princes lorrains par la convention de Folembray. La Bretagne seule restait à soumettre, et la paix semblait près de se rétablir, quand, au milieu d'un joyeux ballet, la cour apprit que les Espagnols avaient surpris Amiens et s'en étaient emparés. Henri quitta aussitôt le Louvre pour secourir la ville investie. Ses conseillers et plusieurs de ses généraux désapprouvèrent sa précipitation ; mais Catherine, malgré
Tanxiété qu'elle éprouvait, malgré les larmes que lui arrachait la crainte du danger que Henri allait affronter, encouragea son frère à partir. Peu après, il lui adressait la lettre suivante, bientôt répandue dans Paris.
« A Madame, « Ma chère sœur, vous aurés les premières nouvelles de l'heureux succès que Dieu m'a donné aujourd'hui ; il estoit venu mille chevaux des ennemis, conduits par tous leurs vieux capitaines, pour reconnoître le logis de leur armée et le moyen de secourir Amiens. Avec deux cents chevaux et cent cinquante carabins je les ays défaits, n'ayant perdu que deux arquebusiers à cheval. 11 y a trois cents des ennemis morts, et plus, deux cornettes prises. Les noms des prisonniers ne se peuvent savoir que demain. Il est minuit et ne fait que venir ; faites part à mes bons serviteurs de ces bonnes nouvelles. Je vous baise cent mille
fois les mains.
(( Henry.
« 30 août 1597. »
Henri TV éprouva, pendant le siège d'Amiens,