‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 142 sur 186 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

qu'il occupait indignement. Ces sortes de caractères sont ordinairement d'une merveilleuse docilité quand un ordre supérieur leur impose l'oubli de leurs serments. Cependant lorsque l'archevêque fut appelé, le 25 janvier, à Saint-Germain, et que seul avec Henri il reçut de lui l'ordre de célébrer l'union de Catherine et du duc de Bar, la justice oblige à dire qu'il résista et rappela sans crainte au roi l'opposition de l'Église. Henri, cette fois, ne s'emporta point ; il se borna à railler le prélat, et, s'il faut en croire Sully, le congédia en lui annonçant que sa résistance ne tiendrait pas longtemps. Le baron de Roquelaure fut mandé à son tour, et le roi, avec une liberté d'expression que nous ne pouvons leproduire, lui rapporta l'opposition du prélat, ajoutant que par ces refus sa sœur demeurait à marier. « Ah ! pardieu, sire, interrompit le facétieux courtisan, cela ne va pas bien, car il est temps, au moins selon mon opinion, que notre sœur Catelon commence à goûter les douceurs de cette vie, et ne crois pas que dorénavant elle en puisse mourir par trop grande jeunesse. » Pu^g, con-

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tiimarit sur lo môme ton, il promit au roi de soumettre l'archevêque; ce qu'il fit, en effet, après des entretiens aussi peu châtiés que le reste du récit, et qui révèlent l'incroyable désordre des mœurs et du langage de l'époque.

Enfin, le 29 janvier, entre cinq et six: heures du matin, Henri fit secrètement appeler chez lui l'archevêque, envoyaprévenir avec le même mystère le duc do Lorraine et le duc do Bar, et se rendit après leur arrivée, chez sa sœur, laquelle avertie dès la veille était déjà prête. Il la conduisit seul, sans paraître s'apercevoir de son émotion, à travers les froides et silencieuses galeries du château, jusqu'au salon oîi l'attendaient les princes et quelques témoins, entre autres le baron do Roquelaure, qui, par son regard narquois décontenançait l'archevêque do Rouen. La réunion offrait un triste et singulier aspect. Le duc de Rar, visiblement troublé, se tenait près du prélat, dont le visage pâle et l'attitude mal assurée trahissaient la crainte et la confusion. La princesse, vêtue d'une simple robe du matin sans aucune parure, paraissait plus maigre et plus décolorée qu'à l'ordinaire.

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