‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 143 sur 186 · CHAPITRE X. 2fiî · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. 2fiî

et s'appuyait en frissonnant sur Henri, qui seul conservait son calme et son assurance habituelle. Après avoir jeté sur rassemblée un rapide et imposant coup d'œil, il s'adressa au prélat et lui dit à haute voix : « Mon frère, je désire que vous fassiez tout actuellement ledit mariage de ma sœur et de M. le duc de Bar, par paroles de présent*. ))

L'archevêque répliqua qu'il ne pouvait obéir sans procéder aux solennités accoutumées en pareille occasion. « Ma présence, reprit Henri, est plus que toutes les solennités ordinaires, et mon cabinet rempli de tant de personnes de qualité est un lieu sacré et assez public pour cela. Je vous prie donc et commande absolument de passer outre et faire ledit mariage, nonobstant toutes les difficultés qu'il pourroit supporter, des quelles, et de l'événement d'icelles je demeure chargé et garant. »

Le prélat obéit alors immédiatement, et donna

i. Mém, de Cheveimy, Palma Cayet, Chronologie septénaire, UtXoWCy journal de Henri IV, t. II. Sully, Économies royales, t. III. De Thou, Hist. Pcréfixc, Hist. de Henry IV, Mém. de la Force, 1. 1. Cérémotiial français, par Godcfpoy, t. II.

270 CATHERINE DE BOUHBON.

In bénédiction nuptiale au\ illustres fiancés. La cérémonie terminée, le duc et la duchesse, sans s'adresser une seule parole, s'agenouillèrent et restèrent quelque temps en prière. La clarté blafarde d'une matinée d'hiver remplaçait celle des bougies h demie consumées, et jetait des reflets livides sur le front de la malheureuse princesse. Pensaitelle alors au jour déjà si éloigné d'elle, où jeune encore et remplie d'espérance et de bonheur, elle avait supplié Cayet de bénir son union avec celui qu'elle aimait ? Demandait-elle au ciel le courage et la résignation? L'imagination trouve ici un champ libre ; Catherine était à l'un de ces instants dont la solennité fait de la vie entière un ensemble émouvant dans lequel se confondent les souvenirs du passé, les impressions présentes et les prévisions de l'avenir. *"

La cour apprit avec une joie mêlée de surprise l'événement qui s'était accompli, et la duchesse, reconduite h son appartement par le roi, reparut bientôt dans le riche costume sous lequel le peintre Darlay l'a représentée, et que Thomas de Leu a reproduit dans les nombreuses estampes qui

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