MOX CHER ROY
«Morel, présent porteur, vous va trouver pour vous supplier très-humblement de commander que justice luy soit faite sur de quoy il a été accusé ; s'il est coupable, il se soumet à telle punition qu'il votls plaira; quant à moi, je ne Tay jatnaîs trouvé
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en faute, et parce qu'il avoit sçu que Ton Tavoit aceusé de m'avoîr desrobé, il m*est venu trouver, maïs je n'ay rien perdu de ce que l'on luy a baillé pour moi. Je finiray ce discours, pour vous dire que j'ay une passionnée envie de vous voir ; je porte bien envie h tous ceux qui ont cet honneur,
« Monsieur mon mary est allé à la chasse; on lui a dit qu'il y avoit un fort grand cerf. Kn partant, il m*a dit que, s'il est tel qu'on luy a dit, qu'il vous enverra la tête; mais s'il n'est plus heureux que jle coutume, je crois que vous n'aurez pas ce présent ; mais s'il le prend, et que ce soit chose digne de vous être présentée, je voudrois bien en être le porteur
« ... Mon Dieu, mon cher roy, quand vous verray-je? Je reviens toujours à cela, car je n'ay point de plus violent désir; ce sera quand vous l'aurez agréable, et le commanderez à monsieur mon beau-père. Bonsoir, mon brave roy ; je vous embrasse cent mille fois en esprit. »
98i cathkuine de bourbon.
« Mon cher roy,
« Mathurine* vous sauras! bien représenter tout ce qui se passe icy, que je n'en allongeray cette lettre; seulement, je vous asseureray que je continue toujours à être très-bien avec ceu\ de cette maison, et quej'ayle meilleur mary du monde; aussy m'y gouverneray-je bien comme vous me l'avez commandé. Que je vous ai souhaité à Lnnéviile, où nous avons été ces jours 1
(( Mathurine vous dira bien comme il a fait beau pour toutes sortes de chasses. Mon Dieu, mon brave roy, que j'ay envie de vous voir, et quai>d auray-je cet honneur, et ce contentement, de vous pouvoir embrasser les yeux aussy guays que je les avois pleins de larmes quand je pris congé de vous ; ce sera quand vous témoignerez à Monsieur mon beau-père et à Monsieur mon mary que vous le désirez.
(( Pardonnez-moy si je vous importune si souvent de ce discours; j'ai tant d'envie de vous voir, que
i . Mathurine était une Béarnaise attachée au service de Catherine, et connue par la joyeuse liberté de son langage. Henri IV rappelait sa folle ; elle était près de lui lors de l'attentat de Jean Châtcl.