CHAPITRE X
autant que vivre d'avoir Thonneur de vous voir. J'attends La Varenne avec impatience, jusques à ce que vous m'ayez fait cette faveur de me mander que vous me l'envoyerez.
(( J'ai cru que vous m'aviez oubliée, ce qui me donnoit tant de déplaisir que j'eusse voulu estre morte; maintenant je reçois autant de contentement, me voyant honorée de votre souvenir que je tiens cher à. l'égal de ma vie : croyés-le, mon cher et brave roy, et m'aimes moy bien toujours. Adieu, Monsieur ; je suis votre servante très-humble. »
(( Mon chku roy,
« Si je n'étois fort asseurée de l'honneur que vous me faites de m'aimer, j'aurois peur de vous être importune, vous écrivant si souvent; mais, mon roy, cela, et la crainte que j'ay que l'absence ne m'éloigne de cet honneur, me rend plus soigneuse à vous ramentevoir petite sœur, qui a reçu un contentement extrême d'avoir reçu par la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m'escrire par Bourlemont, que c'estoit plustost paresse qu'oubli qui retenoit votre main de m'asseurer que vous me
continuez en vos bonnes grâces ; ne m'ôteiî jamais cette faveur, ou ôtez-moî la vie, car sans cela, je ne la veux pas conserver.
« Ce porteur vous contera comme tout ce qui se passe îcy, qui est comme je le saurois désirer, aussi suis-je bien votre commandement, leur rendant tout l'honneur et tout le respect que je leur dois. Voilà, mon brave roy, ce que je vous puis accorder. Ce porteur m'a tant fait de peur avec sa grosse voix, que, pour le faire taire, je lui ai promis de vous supplier très-humblement d'avoir pitié de lui; il vous en dira davantage, car ce n'est pas mon , dessein de vous importuner. Adieu donc, mon cher et brave roy. Je vous embrasse mille fois en esprit. Plût à Dieu que ce fût en effet. »