CHAPITRE XI
à des fêtes dont l'éclat formait un amer contraste avec sa douloureuse existence: Luttant contre la tristesse que lui causait l'abandon de son mari, qui, sous prétexte d'une indisposition, avait refusé de l'accompagner à Metz, elle s'occupa encore de plusieurs né^iriations relatives au mariage de sa fllteule, Catherine de Rohan , avec le duc de Deux-Ponts, et du jeune duc de Rohan avec Marguerite de Béthune, fille aînée de Sully. Au mois de septembre 1603, elle fit un dernier voyage en France, et cette fois se sépara pour jamais de son frère.
Enfin, le 12 décembre 1602, quatre consulteurs se réunirent à Rome aux neuf cardinaux Ascoli, Borghese, Baronio, Bianchetto, Mantu^a^ Arrigone, Viscottti, San -Marcello et d'Ossat; et après une dernière délibération, la dispense fut accordée dans les conditions suivantes :
(( Le Roi, Monsieur de Lorraine et Monsieur le duc de Bar promettront et s'obligeront, chacun à pai-t, par leurs lettres patentes, de procurer, aussitôt que faire se pourra, l'instruction de ladite (lame en la roligicm catholique, comme elle-mênie
s'est offerte à la recevoir après ladite dispense , par des lettres qu'elle a écrites au pape, à M. do Béthune, ambassadeur du roi, et au cardinal d'Ossat, et, en tout événement, que les enfants qui naîtront de ce mariage seront nourris et élevés dans la religion catholique, apostolique et romaine. Quant à la façon de contracter le mariage de nouveau, si le concile de Trente étoit publié en Lorraine , il faudroit qu'il fût contracté en présence du curé de la paroisse et de deux témoins. Que si ledit concile n'y étoit publié, il suffiroit qu'ils consentissent de nouveau en leur mariage, d'autant que le premier consentement est nul, à cause de leur parenté en degré prohibé par les canons et saints décrets \ »
Cette importante décision rendit au duc de Bar une tardive tranquillité, et préserva la princesse des humiliations d'un divorce imminent. Peu après l'avoir reçu, elle écrivait à Henri :
(( La Varenne vous aura conté ce qui s'est passé ici Monsieur mon mary m'aime de plus
1. Correspondance (hi eardinnl (TOsfint^ t. V, 1. rccLXVi,. à M. de Villerov.
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