‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 161 sur 186 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

huiineur qui ne pourroit ôtrc lâché de ce nom de mariage ; nul que le vostre n'eut part h ma honte ; je n'ai rien fait q^e p^r \otre commaudement, auquel je resterai la plus obligée femme qui vive, si je me vois délivrée des appréhensions que les douleurs de mon mari et les longueurs du pape m'apportent. Ce sera quand, par votre moyen, qui est le seul où j'ay toute ma fiance, vous fçrez avoii: ce que, humiliée h, vos pieds, jç vous requiers très-hjUiftblemçiAt, nous aurons notre dispensç. Jç 9,ç ^ute pa^s, mon cher roy, que s'il voys plaît l^pnoçç^ tant que de {aire. cç. que M. de ChampyalljOn vçvis suppliera de nos parts, nous ne jouissions ^e l'espérance que nous avons en votre pouvoir, lequel Dieu veuille rendre absolu sur tout; Iç iç^o^de, avec l'entière félicité que vous désiijç votre très-humble et très-obéissante sujette et servante, petite scçur, qui. embrassa mille fois soç çhçr et byave roy * .

n Écrit le xxviii novembre 1602. »

1. Bibl. nat., trad. franc., 8958, fol. 2. Tout ce volume est Rempli dps çrocédui*e« faites en cour de Rome pour la validation du mariage de Catherine avec le duc de Bar. Voir ^ussi Bt'bl. de F Ecole des Chartes, t. III, 3« série;

:M2 CATHKUINE DE DOUHHON.

Non rontente de s'adresser h Henri IV, la diicliesse écrivait presque à la même époque la lettre suivante au pape Clément VIII :

(( Tkès-saint Père,

(( Ayant ces jours passés pour satisfaire au\ exhortations de Votre Sainteté et aux prières du roy, mon frère, et de M. le duc de Bar, mon mary, de rechercher les voies de m'éclaircir de la vérité de la doctrine, laquelle il vous plaist me convier de suivre, il est arrivé que le sieur évêque d'Évreux et ceux que j'avois mandés pour conférer avec lui sur ce sujet, n*ont pu tomber d'accord des moyens de leur conférence ; en quoi néanmoins il me semble et me suis résolue d'en appeler d'autres qui se trouvent avec lui aux mesmes conditions qu'il leur a offertes, et sur leur approche ou refus, suivre l'inspiration qu'il plaira à Dieu de me donner, promettant à Votre Sainteté que je n'y apporterai de ma part aucune passion, résistance ni opiniâtreté ; ainsi serai très-aise de pouvoir trouver la vérité en une cai^ à laquellç les exhortations de V. S., les prières du roy, mon frère, et

CHAPiTHE XI. :il}

le contentement de M. le duc de Bar, mon mary, m'invite. Cependant, très-saint Père, d'autant que la conscience de mondit sieur le duc, mon mary, demeure en peine pour n'avoir pu obtenir de Votre Sainteté la dispense de notre mariage, j'ai osé m'asseurer tant de votre bonté que de joindre, en ce cas, mes prières avec les siennes, et vous supplier très-humblement la nous vouloir accorder, et croire que cette obligation ajoutera encore un I)oids aux autres considérations qui me convient à rechercher les moyens de vous donner contentement et vous témoigner que je suis, très-saint Père, de Votre Sainteté,

« Très-humble fille et servante*. »

Cette touchante lettre, les malheurs de la princesse, l'agitation évidente dans laquelle se trouvait son âme, émurent vivement le pape et toute la cour de Rome. Clément VIII, dans ses conférences avec le cardinal d'Ossat, laissait entrevoir sa solli-

1. Bibl. nat., Irad. franc. 8958, fol. 3, r», au dos: Copie do la lettre que Madame, sanir du l'oy, a escrittc au pape, et dO celle qu'elle m'a ef^crille de sa main. »

:U\ CATHEIUNE DE «OrRlîON.

citude et sa pitié ; mais il blâmait la conduite tenue envers elle, w Pourquoi, demandait-il, laisset-on à la duchesse les dames qui ne peuvent que fortifier son cœur par leurs discours et par leurs conseils ? Pourquoi l'auditeur Sérafin, qne j'avoîs désigné comme le plus capable de k catboKser, n*a-t-il pas été appelé en Lorraine ? »

Le cardinal répondit que la duchesse était si languissante, qu'il était impossible de la priver de personnes dont les soins lui étaient nécessaires, et dont Téloignement hii causerait une émotion dangereuse. Il ajouta que k même raison Tempôchait de recevoir Tauditeur Sérafin. Le pape, après quelques entretiens, conseaitit à remettre J'affaire de la dispense à une congrégation de neuf cardinaux, qui prononceraient si elle était possible à accorder avant l'abjuration de Catherine.

Tandis que le cardinal d'Ossat hâtait par une infatigable activité la décision qui devait rendre une tardive tranquillité au duc de Bar et à sa malheureuse épouse, elle recevait Henri IV à Metz, 01)1. l'avaient gppelé diverses affaires *, et présidait

li Celle desSoboles.

Page 1