A M. DU PLESSIS
Motoôictii' DU Pléâsis, je ii'ai todllèu laiàset allei» Vidosè, satiâ Vbtis asseUrer par mes lettres conibieil je vous sidis toojooM tttnye. H Voas contetâ toutes nouvelles de deçà et dfek miennes; plus que je ne vous sÇaturâis escHre. Je vcfOs dipois ce seul mot que vous assèuriés, quoique !'oii die que l'oh m'ait veue à la messe, que je n'y ai eôté de fàict, ni depétisée.Jemc réserve à y aller que Vous éoyés pape, comme disoit M; le prince de Conty. Asséurês-vous donc et tous les gens de bien que je suis toujours ti-ès réSdlenê eu ïna religion. Dieu më veuille continuer cësté salndté tollontê, et me donne le moyen dé vous témoigner que }ë vouii Sais, et à madame du Plësàls^ vostre bieti dffeetiotinée amyè.
CATHËfllNÊ.
Digiti;
3i0 CATHERINE DE BOURBON.
BREF DU PAPE CLÉMENT Vlll ENVOYÉ AU DUC DE BAR A l'OCCASION DE SON MARIAGE
Comme nous vous aimons paternellement, et que nous désirons ardemment votre vraye gloire, nous ne pouvons nullement consentir àunechose par laquelle la splendeur de votre très-illustre famille seroit obscurcie. Le zèle de rhonneur de Dieu, le devoir de notre charge pastorale, et le danger auquel vous nous exposez, nous contraignent de crier : Il n'est pas permis, il n'est pas expédient. Il est bien vrai, comme vous nous l'écrivez, que Dieu nous a donné la puissance, mais il nous l'a donnée pour édifier et non pour détruire; pour sauver les âmes, mais non pour les perdre; pour la conservation de la foi catholique, et non pour sa destruction. Car y a-t-il personne qui ait quelque connoissance dés affaires du monde, qui ne voye le danger manifeste auquel la foi catholique est exposée dans la province de Lorraine, si la peste de l'hérésie est introduite dans votre maison, qui a toujours été le rempart et le boulevard de la foi? La connoissance que nous avons de votre piété, nous fait espérer que vous ne ferez rien d'indigne de vous et de vos prédécesseurs. Quant à
APPENDICE. 34i
nouS; nous ne donnerons jamais notre dispense apostolique pour ce mariage^ auquel vous ne devez jamais entendre, tant que cette dame sera hors de l'Église et ne fera profession de la foi catholique. Car où Dieu est offensé, rien ne peut prospérer ! Il ne sert de rien de gagner tout le monde, si Ton se perd soi-même. 11 ne nous convient pas d'user avec vous de paroles dures, nous qui n'en devons dire que de salutaires... Êtes-vous donc si aveuglé que vous alliez de gaîté de cœur vous perdre, vous et les vôtres ? Où est votre vertu, où est votre prudence ? Où est la crainte de Dieu qui vous a comblé de tant de biens? Avisez bien une et deux fois à ce que vous allez faire : ou ne se moque point de Dieu. Gardez-vous de bien le courroucer et de ruiner votre maison, dont vous ébranlez vous-même les fondements. Ne vous attendez point que nous dispensions jamais de notre autorité apostolique un tel mariage. Car nous ne le ferons jamais: nous souffrirons plutôt que notre corps soit déchiré et écartelé, membre pour membre. Et si vous passez outre (ce qu'à Dieu ne plaise), nous protestons de nouveau et pour toujours que nous n'avons rien omis envers vous de tout ce que notre devoir exigeoit, et que nous sommes innocents de ce péché. Ainsy votre sang retombera sur votre tète.