A M. DU PLE^SIS-MORNAY
Juillet 1594.
Monsieur Du Plessis^ je suis très ayse de ce que vous avez si bonne opinion de ma constance^ en laquelle je veux tellement persévérer que vous, ni tous ceulx qui font mesme profession n'y seront trompés. C'est sur ce sujet que j'adresse à Dieu mes pryère^ et vous pouvés croire que j'y employé les plus belles heures du jour et de la nuit. Je ne doute point È[ue le changement dont vous oyés parler ne vous attriste *. Pour moy, j'en porte eùng tel ennuy, que je ne vous le puis représenter. Mais j'espère que Dieu, qui jusques icy nous a rendu tant de témoignages de sa bonté, ne vous déîairra point, ni particulièrement celuy qui, pour le bien de son peuple, ne craint de relascher quelque chose de sa conscience, laquelle je m'asseure que Dieu lui rendra après l'assoupissement de ses confusions aussy par nos larmes et pryères. Si vous ne vous hastés, l'assemblée et la bataille, s'il en doibt donner, seront finies. Vostre présence en l'une et en l'autre ne seroit plus requise. Quoi qu'il «rrive, croyés, monsieur Du Plessis, que jeserois toujours vostre. bien humble et affectionnée amye.
Cathehink.