Mém, et corresp. de Mornay
3. « Monsieur de la Motte-Fénelon va sans doute proposer le mariage de Madame la princesse de Lorraine avec le roy d'Ecosse, et à mesme fin vont le sieur de Mayneville, que cognoissez, et le fils du baron d'Hausson ville de la part de M. de Lorraine. » (Lettre à M. d'Angroigne, dernier janvier 1552.) « Geste alliance, à mon ad vis, sera suspecte à l'Angleterre, et pourtant s'offre l'occasion de leur ramentevoir les propos qu'aultre fois je leur ai ouverts du mariage de Madame la princesse dont peult sortir aultant de bien que l'aultre de
de ses filles avec Jacques, fils de Tinfortunée Marie . Stuart. Ce double rprojet manqua : Catherine rejc fusa le duc de Bar comme elle avait refusé son père, et Mornay profita de la mission des envoyés français et lorrains ^ pour entamer avec le gouvernement anglais des ouvertures relatives au ma* riage qu*il préparait depuis longtemps entre la princesse de Navarre et le roi d'Ecosse '•
Cette union répondait aux vues politiques de Mornay pour la cause de Henri, à son attachement
mal. Il est certain que ce jeune prince ne demeurera longtemps sans se marier, car ce qu'il est tant recherché l'y faict peiiser. C'est une princesse chrétienne, bien élevée, sage, belle, de grande expectatlon : si elle eust voullu tant soit pen rabattre de la relligion, elle épousoit le duo de Savoie, et encore ne s'en rebute-t-il pas du tout. Ce seroit eung heur pour l'Ecosse, eung repos pour l'Angleterre, et de quelque part qu'on se tourne n'y a rien à craindre^ ni soubsçonner de oeste part pour ce qui concerne l'auctorité de la royne. J'en i^parle pour le bien de la chrestienté, et vous prye, par l'advis de M. de la Fontaine, en traiter, ete* »> {Mém, et Corresp, de Mornay, U II, p. 217, 218.) Voy. aussi les lettres à lord Walsingham,