‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 55 sur 186 · Thon, His'toù^, Sully, Mém · texte numérisé non relu

Thon, His'toù^, Sully, Mém

étaient d'avis de rejoindre les troupes allemandes ; Condé proposait de s'avancer sur la Loire et de s'emparer de Saumur. On lui répondit : <( que les troupes étaient chargées de butin; que la noblesse, fatiguée et dépourvue de ce qui était nécessaire pour une expédition aussi éloignée, songeait à se retirer et à aller se refaire dans ses terres, et qu'il était imprudent, après un si heureux succès, de risquer de perdre la gloire qu'on venait d'acquérir au prix du sang de toute une armée. »

Cette opinion était vivement appuyée par le jeune comte de Boissons, dernier prince de la maison de Condé. L'éclatante valeur qu'il avait déployée dans le combat, le secours qu'il avait fourni à l'armée en lui amenant une partie de la noblesse de Beauce et de Normandie, le rendaient digne d'être écouté. Ce n'était, on le verra, ni la prudence, ni la politique qui l'inspiraient; mais le roi, aq[)rès quelques entretiens particuliers avec lui, parut convaincu à tel point, qu'il se détermina, contrairement à ses intérêts véritables, à suivre l'avis de ce conseiller de vingt et un ans.

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