‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 54 sur 186 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La bataille, depuis tant racontée, fut courte et décisive. Les troupes de Joyeuse se débandèrent après le premier choc de la cavalerie de Navarre, et la déroute devint complète. Henri se signala dans ce sanglant désordre par les traits d'une intrépide et téméraire valeur ; l'armée royale fut entièrement défaite, l'infanterie taillée en pièces, l'artillerie prise, tous les drapeaux enlevés. On rapporte que l'infortuné Joyeuse, resté debout parmi les débris de ses troupes, contemplait avec stupeur la ruine de tant d'espérances, quand un de ses lieutenants lui demanda ce qui lui restait à faire. « A mourir, » répondit-il, et s'enfonçant aussitôt dans les bataillons ennemis avec Claude de Saint-Sauveur son frère, il termina ainsi sa courte et aventureuse existence. Retrouvé parmi les morts, il fut porté à son vainqueur, qui ne revit pas sans émotion ces nobles traits, dont un sanglant trépas n'avait point altéré la beauté.

Après cet éclatant succès, une vive délibération eut lieu dans lé conseil du roi de Navarre sur la marche à suivre \ Les plus judicieux

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