Sully, Mém., t. II; p. 70, édit. Petitot
us CATHERINE DE BOURBON.
dégagé par son manque de parole de toute obligation envers lui, je reviendrai en France avec la princesse, je réunirai ses biens aux miens, et je vivrai libre et heureux, loin de lui et de son égoïste ambition. »
Une dénonciation mystérieuse augmenta ces discordes, et les rendit assez éclatantes pour amener une rupture. Un soir, au retour d'uÉI chasse^ le roi reçut à son adresse un paquet apporté par des inconnus. Il l'ouvrit et s'aperçut qu'il contenait une lettre anonyme. Cette lettre le prévenait que le comte de Soissons intriguait contre lui, qu'il cherchait à corrompre ses serviteurs, qu'il avait repris ses relations avec la cour de France, et qu'il aspirait à se faire reconnaître et adopter par Henri III pour héritier du trône, par l'intervention du cardinal de Bourbon son oncle. On citait ses paroles, on donnait les preuves, on nommait ses compUces. De plus, la même lettre accusait le prince de songer à épouser une fille du duc de Nevers, tandis qu'il semblait si vivement épris de la princesse de Navarre; elle ajoutait encore que, s'il avait entraîné Henri en Béarn après la bataille