‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 65 sur 186 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de Coutras, il n'avait agi ainsi que pour Tempê^ cher de poursuivre ses victoires, de rejoindre les reîtres, et d'écraser peut-être l'armée du duc de Guise comme il avait écrasé celle de Joyeuse.

La ddatioïi était-elle vraie? Était-ce un jeu joué entre le roi et son conseil, ou le résultat d*une convention secrète avec les amis du Béarnais irrités de sa conduite après la victoire de Coutras? Étaitce encore le résumé d'une confidence faite par le comte Jb|[|^ly dans un moment d'emportement ? C'est ce que jamais l'on ne pourra établir d'une manière positive, quoique les dernières supposi* tions s'accordent assez avec la conduite tenue par Henri et son ministre dans la suite de cette triste et singulière intrigue. Le roi parut, en recevant cet écrit, jdus indigné que surpris; il dissimula d'autant moins sa colère, s'il en ressentit réellement, et sa déception, si elle exista, qu'il cherchait depuis longtemps un prétexte pour rompre ses engagements et obliger sa sœur à renoncer à l'union qu'il lui avait proposée. La mort du prince de Condé l'ayant appelé à la Rochelle vers cette époque, il exigea que le comte de Soissons le suivît

et quittât le Béarn. H remît ainsi indéfiniment la célébration du mariage, que la cour considéra bientôt comme rompu sans retour. On était habitué à voir la princesse se soumettre avec une docile abnégation aux volontés du roi, et Ton crut qu'elle se résignerait à l'abandon de son fiancé. On sait d'ailleurs que les affaires de sentiment n'étaient pas l'objet principal dont se préoccupât l'entourage de Henri, et que ses conseillers étaient assez ennuyés de ses propres amours,<Bins aller encore s'inquiéter de celles de sa sœur. Mornay pressa les négociations relatives au mariage d'Ecosse, et tandis que Henri achevait sa rupture avec Soissons, Jacques VI écrivait lui-même à Mornay* pour demander à Henri la main de Catherine. De graves événements s'accomplissaient alors. Henri III, forcé d'abandonner Paris après la journée des Barricades, s'était retiré à Mantes. Il consentait à se séparer du duc d'Épernon, à nommer le duc de Guise généralissime de ses armées, et à convoquer les États généraux pour le mois d'octobre. Ces nouvelles, transmises au roi de

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