CHAPITRE Vr
le baron de Pangeas avec pouvoir d'arrêter le prince et de le déclarer prisonnier*.
L'ordre n'admettait pas d'hésitation. Le premier président prit aussitôt les plus rigoureuses mesures. Il convoqua le conseil souverain et fit cerner le château par des troupes. Le même jour, entre dix et onze heures du soir, le Conseil souverain se rendit en corps chez la régente. Alors, en présence de tous les magistrats, M. de Ravignan l'accusa d'avoir voulu épouser, contre la volonté du roi, le comte de Soissons et d'avoir consenti à se laisser enlever par lui. Catherine, surprise et indignée, répondit avec une fierté dédaigneuse, qu'elle ne devait compte de ses actions qu'au roi, et qu'elle ne savait ce qu'on lui voulait. Le premier président, d'une voix émue et tremblante, lui annonça qu'elle était prisonnière tant que Soissons serait dans le château ou dans la ville, et qu'il se chargeait du triste soin de la garder à vue dans ses appartements.
Ouel tableau à faire que celui de cette scène, ayant pour cadre le château de Pau, pour per-